Toy Story 5: ce qu’on sait déjà... et ce qu’on imagine

Publié le 25 novembre 2025 par Guillaume
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FollowUp
Une suite annoncée, un futur à imaginer

La chronique vidéo

 

L’article écrit

Depuis quelque temps déjà, j’observe à quel point le cinéma d’animation s’appuie de plus en plus sur les suites. Qu’il s’agisse de prolonger l’univers de grands classiques ou de capitaliser sur le succès de nouvelles licences, cette stratégie s’impose comme une évidence pour les studios. Et tout indique que cette tendance ne fera que s’accentuer dans les années à venir. C’est précisément pour cette raison que j’ai imaginé FollowUp, une nouvelle chronique consacrée à l’avenir de ces franchises déjà promises à un prochain chapitre.

 

Note au lecteur : cette chronique contient évidemment des spoilers.

À travers ce numéro et les prochains, je souhaite non seulement rassembler les informations officielles disponibles sur les productions annoncées, mais aussi m’autoriser à extrapoler, à imaginer ce que pourraient devenir ces histoires que l’on connaît déjà si bien. Une démarche qui prolonge nos sujets abordés dans les ReviewExpressNous avons imaginé les prochaines suites Disney” ou “Nous avons imaginé les prochaines suites Pixar”, mais avec une approche plus poussée : ici, je me concentre sur un seul film à la fois, une suite de préférence déjà en développement.

Pour inaugurer cette chronique, j’ai choisi un monument de l’animation moderne : Toy Story. Un cinquième épisode est en route, vous le savez, et c’est l’occasion idéale de revenir sur cette saga cultissime. Et, pour la petite anecdote, ce choix s’accorde parfaitement avec l’habillage graphique de la chronique (la silhouette de Jessie) un heureux hasard, mais un hasard à propos puisqu’il s’agit sans doute de la franchise animée dont les suites sont les plus appréciées du public.

 

Toy Story - John Lasseter - 1995

 

Spoilers

Avant de se projeter vers Toy Story 5, il faut revenir sur l’histoire de cette franchise qui, depuis près de trente ans, n’a cessé d’évoluer, d’émouvoir et de surprendre. Une saga pionnière, devenue culte, dont chaque nouveau chapitre a su redéfinir l’ambition de Pixar. Voici un parcours condensé des films, de leurs enjeux narratifs… et de leurs conclusions souvent bouleversantes.

Tout commence avec le premier Toy Story, révolution technique et artistique : premier long métrage entièrement conçu en images de synthèse, succès mondial immédiat, il installe les thèmes clés de la saga, la peur du remplacement, la loyauté, le sens de l’existence d’un jouet. Woody, jouet préféré d’Andy, voit son statut menacé par l’arrivée de Buzz l’Éclair. La rivalité vire à l’aventure, et les deux jouets, capturés par le terrible Sid, apprennent à s’unir pour retrouver Andy. Le film s’achève sur leur amitié scellée.

 

Toy Story - John Lasseter - 1995

 

Toy Story 2 pousse plus loin l’ambition émotionnelle : Woody est enlevé par un collectionneur qui veut l’exposer dans un musée. Il découvre Jessie, Papi Pépite et l’idée d’une “vie éternelle” derrière une vitre. Le flashback de Jessie marque durablement la saga, rappelant que les jouets vivent au rythme de l’amour qu’on leur porte… ou qu’on leur retire. Buzz et la bande montent une mission de sauvetage mémorable, et Woody finit par refuser la vitrine pour revenir auprès d’Andy. La famille des jouets s’agrandit et s’unit autour d’un choix simple : mieux vaut être aimé que préservé.

 

Toy Story 2 - John Lasseter - 1999

 

En 2010, Toy Story 3 aborde le passage à l’âge adulte. Andy part à l’université ; ses jouets se retrouvent par erreur dans une garderie au fonctionnement infernal, dominée par Lotso. Le film s’offre des moments de bravoure, dont l’incontournable scène du four incinérateur, où les jouets se tiennent la main, acceptant leur fin. Sauvé in extremis, le groupe retrouve Andy, qui décide de transmettre ses jouets à Bonnie. Le dernier adieu entre Woody et son propriétaire historique conclut magnifiquement ce qui semblait être la fin naturelle de la saga.

 

Toy Story 3 - Lee Unkrich - 2010

 

Pourtant, en 2019, Toy Story 4 ouvre une nouvelle voie : Woody n’est plus le jouet privilégié de Bonnie et s’accroche à son rôle, jusqu’à l’arrivée de Fourchette, un jouet “accidentel” qui remet en question le sens même de l’existence des jouets. L’aventure mène Woody à la fête foraine où il retrouve la Bergère, devenue indépendante et libre. Ce contraste bouleverse Woody, jusqu’à un choix inattendu : il décide de devenir un jouet libre. Il quitte Buzz et le groupe pour suivre son propre chemin.

 

Toy Story 4 - Josh Cooley - 2019

 

Parmi les dérivés notables, Buzz l’Éclair, le film : Le début des aventures (2000), produit par Disney Television Animation, tient une place particulière. Pensé comme le pilote de la série animée Les Aventures de Buzz l’Éclair, ce téléfilm en 2D propose une version alternative et très “cartoon” de l’univers du ranger de l’espace. L’idée d’explorer les origines du héros est séduisante, mais l’ensemble reste limité par son format télévisuel : intrigue simplifiée, animation correcte mais sans éclat, et ton beaucoup plus enfantin que les films principaux. Un objet curieux dans l’histoire de la franchise, intéressant pour les fans… mais loin du niveau de Pixar.

 

Buzz l’éclair, le film : Le début des aventures - Tad Stones - 2000

 

Plus tard, Pixar explore encore la franchise avec Buzz l’Éclair (2022), film “dans le film” censé être celui qui a inspiré le jouet de Buzz. Hors continuité directe, il enrichit malgré tout le mythe du ranger et sa philosophie du devoir.

L’univers s’est aussi étendu via de nombreux courts-métrages : Mini Buzz, Vacances à Hawaï, Rex, le Roi de la Fête, Angoisse au Motel et Hors du Temps, de petites aventures plus ou moins marquantes mais toujours cohérentes dans l’esprit de la saga. D’autres contenus sont plus anecdotiques, comme Fourchette se pose des questions sur Disney+ ou certains micro-épisodes Pixar Popcorn.

En près de trois décennies, Toy Story est ainsi passée d’une simple idée technologique à une saga profondément émotionnelle, où chaque nouvel opus élargit les enjeux et ose repenser le destin de ses héros. Une évolution riche, cohérente et audacieuse… qui laisse aujourd’hui planer toutes les interrogations, et tous les espoirs, autour de Toy Story 5.

 

Buzz l'éclair - Angus MacLane - 2022

 

Toy Story 5: ce qu’on sait déjà

Si l’intrigue complète de Toy Story 5 reste encore confidentielle (et heureusement), Pixar a déjà dévoilé suffisamment d’éléments pour dresser un premier portrait de cette nouvelle aventure. Une chose est certaine : la saga revient en 2026 avec de grandes ambitions, et un thème résolument ancré dans notre époque.

Le film est réalisé par Andrew Stanton, figure majeure de Pixar (réalisateur de WALL•E, Le Monde de Nemo, scénariste sur toute la saga Toy Story), accompagné de la co-réalisatrice McKenna Harris. Les voix originales historiques reviennent, avec Tom Hanks (Woody), Tim Allen (Buzz), Joan Cusack (Jessie), Tony Hale (Fourchette)... Stanton signe également le scénario, présenté comme un “voyage hilarant et poignant” explorant la manière dont “notre équipe de jouets vintage préférée affronte le monde technologique d’aujourd’hui”.

 

Toy Story 5 - Andrew Stanton, McKenna Harris - 2026

 

Le cœur du film repose donc sur une idée forte. La première bande-annonce s’ouvre sur l’arrivée d’un mystérieux colis : une tablette high-tech éducative baptisée Lilypad, un appareil en forme de grenouille doublé par Greta Lee. Présentée comme espiègle, puissante et antagoniste, Lilypad incarne la menace principale, celle qui questionne directement l’avenir des jouets “à l’ancienne”. La tagline du teaser pose d’ailleurs clairement le conflit : « L’âge des jouets est-il terminé ? »

 

Toy Story 5 - Andrew Stanton, McKenna Harris - 2026

 

D'autres antagonistes ont également été dévoilés : une armée de Buzz l’Éclair défectueux, échoués sur une île après la chute d’un conteneur. Ces “Buzz dysfonctionnels” promettent des scènes burlesques et une confrontation inédite. Aux côtés de Lilypad, un autre personnage fait son entrée : Smarty Pants, un jouet éducatif spécialisé dans l’apprentissage de la propreté, doublé en VO par Conan O’Brien. Pixar confirme que Jessie occupera un rôle central, désormais cheffe de la chambre de Bonnie, épaulée par Buzz. Nous avons également aperçu dans la bande-annonce Madame Fourchette (ou plus exactement Madame Couteau) introduite dans la scène post-générique du quatrième opus sous le nom de Karen Beverly. Sa présence n’est sans doute pas anodine et on peut donc imaginer que son arrivée apportera une nouvelle dynamique à Fourchette, que ce soit sur le plan émotionnel, comique ou même narratif. Un autre détail intéressant est le prénom “Sammy”, inscrit sur un mur de la chambre de Bonnie. Qui est-ce ? Pixar n’introduit jamais un nom par hasard, surtout dans un espace aussi symbolique que la chambre d’un enfant.

 

Toy Story 5 - Andrew Stanton, McKenna Harris - 2026

 

La présence de Woody dans le teaser a surpris les fans (mais pas moi) : en raison de sa séparation avec le groupe à la fin de Toy Story 4. Pixar rappelle néanmoins que les premiers teasers contiennent souvent des scènes créées uniquement pour la promotion, et que l’intrigue finale répondra à cette interrogation. Plusieurs déclarations laissent entendre que Woody serait “rappelé pour aider”, tandis que Jessie jouerait un rôle clé pour “rassembler tout le monde”. En ce qui me concerne, il me semble essentiel qu’un Toy Story 5, pour être entier, ne pouvait pas pu se passer de Woody, tout comme il ne pouvait pas pu se passer de Buzz. Leur duo forme le cœur émotionnel et symbolique de la saga depuis près de trente ans. Même si Toy Story 4 leur offrait une séparation forte et cohérente, l’idée de poursuivre l’aventure sans l’un des deux aurait laissé un vide difficile à combler. Leur présence conjointe paraît presque indispensable pour que cette suite ait du sens, tant leur relation incarne l’âme même de la franchise.

Pixar a également dévoilé une affiche symbolique montrant Woody et Buzz face à face autour du logo, avec un détail marquant : Buzz porte l’étoile de shérif offerte à Jessie dans Toy Story 4. Un signe fort qui annonce une nouvelle dynamique entre les personnages… et peut-être une passation symbolique.

 

Toy Story 4 - Josh Cooley - 2019

 

Sur le plan économique, Pixar traverse une période délicate : après les échecs d’Elio et de Buzz l’Éclair, le studio mise logiquement beaucoup sur ce cinquième épisode. Toy Story reste en effet sa franchise la plus rentable, forte de deux films milliardaires et d’un capital émotionnel inestimable auprès du public. Pour autant, Pixar n’a jamais eu pour habitude de sacrifier la cohérence artistique au profit du mercantilisme. Leur philosophie a toujours été de ne produire une suite que lorsqu’une véritable idée justifie son existence. Certes, Buzz l’Éclair pourrait laisser planer un doute, mais tout porte à croire que ce cinquième opus relèvera nettement le niveau. Les premières informations sont extrêmement rassurantes : elles s’inscrivent dans une logique fidèle à l’esprit initial de la saga, tout en abordant des thématiques profondément ancrées dans notre époque.

J’espère sincèrement que le film rencontrera un succès supérieur à celui du quatrième volet et, pourquoi pas, qu’il ouvre la voie à une double conclusion avec un sixième opus.

 

 

Toy Story 5: ce qu’on imagine

À partir des éléments déjà dévoilés, et en restant cohérent avec l’univers de la franchise, on peut déjà tenter d’imaginer ce que Toy Story 5 nous réserve vraiment. La première question concerne évidemment la raison qui pousserait Woody et Buzz à se réunir « comme autrefois ». Woody s’apprêtait à vivre de nouvelles aventures avec la Bergère, loin de la chambre de Bonnie, et tout indique qu’il a finalement changé d’avis. Pixar devra forcément expliquer ce retour, et tout porte à croire qu’il s’agira du véritable point de départ du film, à la manière des autres opus qui s’ouvrent souvent sur une aventure indépendante avant la crise principale.

Plusieurs hypothèses plausibles émergent. Pete Docter avait déjà évoqué l’idée que Woody serait « rappelé pour aider », et l’appel au devoir est une thématique fondatrice de Toy Story. Jessie, désormais cheffe de la chambre, pourrait être confrontée à un problème qu’elle ne parvient pas à résoudre seule : Fourchette pourrait faire une nouvelle crise existentielle (peut-être liée à Karen Beverly), ou Bonnie pourrait traverser une période difficile, ce qui inciterait ses parents à lui offrir une tablette éducative ainsi qu’un jouet spécialisé dans l’apprentissage de la propreté. Dans ce contexte, Buzz et Jessie pourraient partir à la recherche de Woody, estimant qu’il est le seul capable de comprendre la situation et d’y apporter une réponse.

 

Toy Story 4 - Josh Cooley - 2019

 

À mon avis, le film ne s’ouvrira pas directement sur la chambre de Bonnie. Il est plus probable que Woody et la Bergère vivent une aventure nocturne dans un environnement inconnu. À l’issue de celle-ci, ils pourraient tomber sur Jessie, ou un autre ancien compagnon, venant annoncer que leur aide est capitale. Une autre piste envisageable serait que Bonnie, pourtant autrefois si indifférente à Woody, réalise soudain son absence. Elle pourrait faire un énorme caprice ou avoir un gros chagrin (plus probable), ce qui pousserait les jouets à rappeler leur leader naturel. Woody reviendrait donc pour une mission ponctuelle… qui, comme toujours, prendrait des proportions inattendues.

On peut également imaginer une approche plus intime : la Bergère remarquerait que Woody, malgré sa liberté nouvellement acquise, pense constamment aux autres jouets, avec un mélange d’inquiétude, de regret et de culpabilité. Elle l’aiderait alors à comprendre que sa place n’est pas seulement auprès d’elle, ni même uniquement auprès d’un enfant : sa place est peut-être parmi les jouets, en tant que guide.

Pourquoi ne pas imaginer aussi que Fourchette, très attaché à Woody, se mettrait en danger en tentant de retrouver son ami, poussant le cow-boy à revenir pour le protéger ? Quoi qu’il en soit, on peut s’attendre à une pirouette intelligente, fidèle à l'esprit Pixar, qui permettra de justifier ce retour sans trahir la fin du quatrième opus. C’est peut-être même ce genre d'idée narrative qui a convaincu les artistes de poursuivre l’univers.

 

Toy Story - Angoisse au Motel - Angus MacLane - 2013

 

Quant à la suite de l’intrigue, elle tournera autour de la technologie, un thème délicat, car il paraît difficile d’imaginer un message affirmant littéralement que « les écrans sont néfastes », mais l’idée de confronter des jouets traditionnels à des objets numériques est audacieuse et pertinente. Je crois davantage à un conflit entre les jouets nouvelle génération et les anciens, exactement comme le premier film opposait Woody à Buzz. Sauf que cette fois, même Buzz est relégué au rang de relique. Lilypad pourrait être une parabole vivante de l’outil numérique : conçue pour monopoliser l’attention, elle serait peut-être d’un égoïsme absolu, déterminée à régner sur la chambre sans partage. Reste à savoir si elle sera un antagoniste pur, façon Lotso, le nounours rose du troisième film, ou un personnage incompris qui agit mal avant de connaître une rédemption (comme Gaby Gaby la poupée old school du quatrième opus). Son rapport aux autres jouets constituera le cœur thématique du film. Comment rivaliser avec une technologie pensée pour être addictive ? Lilypad est-elle vraiment une menace, ou simplement un jouet perdu dans ses propres fonctions ?

Enfin, il reste ce mystère : l’armée de Buzz défectueux. Leur présence pourrait ouvrir un arc secondaire, comme c’est souvent le cas pour le personnage de Buzz. On se souvient du Mini Buzz ou du Buzz « espagnol » : Toy Story adore confronter le ranger de l’espace à ses propres doubles. Une troupe entière de Buzz dysfonctionnels prolongerait parfaitement cette tradition comique, tout en ajoutant un enjeu supplémentaire.

 

Toy Story 5 - Andrew Stanton, McKenna Harris - 2026

 

Quant à Jessie, sa centralité pose question. Elle a pris le rôle de cheffe en l’absence de Woody, et le retour du cow-boy, et sa façon de faire, pourrait provoquer une certaine tension entre eux. Ce serait l’occasion de mettre Jessie en lumière non pas en explorant son passé, mais pour ce qu’elle apporte désormais au groupe. Sa nouvelle place, et la manière dont Woody s’y adaptera, pourrait constituer l’un des arcs émotionnels les plus intéressants de ce cinquième opus.

Un autre élément intrigant se trouve dans le premier visuel officiel du film : on y voit Woody, Buzz et Jessie observer leur reflet dans l’écran de Lilypad, au regard sourcillant. Ce choix esthétique n’est sans doute pas anodin. On peut y voir une forme de miroir, au sens littéral comme symbolique. Lilypad pourrait jouer le rôle d’un miroir déformant, amenant les jouets à se confronter à eux-mêmes, à leurs propres limites ou même à leurs doutes, en leur renvoyant une vision biaisée ou amplifiée de leurs actions. Ce serait une manière intelligente d’intégrer l’idée que la technologie ne se contente pas de capter l’attention : elle influence, elle transforme, elle redéfinit la perception du monde.

 

Toy Story 5 - Andrew Stanton, McKenna Harris - 2026

 

Lilypad apparaît tour à tour souriante, presque joviale, puis inquiétante et menaçante. Une dualité qui laisse penser que le personnage sera plus ambigu qu’un simple antagoniste. Peut-être est-elle animée par une logique programmatique qui la dépasse ; peut-être croit-elle sincèrement être utile à Bonnie ; peut-être encore bascule-t-elle dans l’excès par maladresse ou par volonté de répondre parfaitement à sa fonction. Quoi qu’il en soit, son design et sa mise en scène suggèrent une personnalité complexe, oscillant entre douceur apparente et autoritarisme technologique.

Cette ambiguïté pourrait faire de Lilypad une antagoniste particulièrement intéressante : non pas une figure maléfique au sens classique, mais un personnage dont les intentions se heurtent à celles des jouets traditionnels. Une entité persuadée d’être la meilleure option pour Bonnie, quitte à écraser tout le reste. Un miroir déformant, oui, mais aussi peut-être un personnage en quête de reconnaissance, tout comme Woody l’a été dans le passé.

 

Toy Story 5 - Andrew Stanton, McKenna Harris - 2026

 

Toy Story 6: Vers l'infini et au-delà

Si Toy Story 5 parvient à retrouver la force émotionnelle et thématique des précédents volets, alors l’idée d’un Toy Story 6 devient non seulement crédible, mais presque logique. Pixar a annoncé vouloir développer davantage ses franchises, et la saga pourrait ainsi se structurer en deux trilogies : la première consacrée à Andy, la seconde à Bonnie et à l’évolution du monde du jouet. Dans ce schéma, un sixième film ferait figure de conclusion naturelle à cette nouvelle ère.

Difficile de prédire l’intrigue d'un sixième film avec autant d’avance, mais plusieurs pistes se dessinent. Depuis Toy Story 4, Pixar s’interroge sur la nature même d’un jouet : Fourchette posait déjà la question de la conscience et de l’éveil, tandis que Toy Story 5 aborde le rapport entre jouets traditionnels et technologie. Le scénario pourrait approfondir ces thèmes ou s’aventurer vers des réflexions plus radicales. Une piste thématique fertile serait celle de la surconsommation. On pourrait imaginer les jouets perdus dans la chambre d’un « enfant roi » suréquipé, submergé de cadeaux, mais émotionnellement distant. Trop de jouets… et aucun véritable lien. Un renversement total du postulat initial de la saga, où les jouets seraient confrontés au défi de retrouver un sens à leur existence face à un enfant saturé de tout.

 

Toy Story - Hors du Temps - Steve Purcell - 2014

 

La perspective de nouveaux spin-off reste également une possibilité. Avec Buzz l’Éclair, Pixar a déjà expérimenté une mise en abyme audacieuse, même si le résultat n’a pas rencontré le succès espéré. Une autre idée pourrait ressurgir : explorer l’univers fictif de Woody’s Roundup, réinventé sous forme de pastiche de série western des années 1950, avec décors en carton-pâte, bruitages exagérés et narration en épisodes. Trop risqué pour un long-métrage ? Peut-être. Mais tout à fait envisageable pour Disney+, qui représente aujourd’hui un terrain d’expérimentation viable.

Quoi qu’il en soit, la franchise Toy Story a toujours su se renouveler sans trahir son héritage. Si Pixar parvient à transformer Toy Story 5 en étape forte plutôt qu’en redite nostalgique, alors un sixième film pourrait devenir le point d’orgue d’une seconde trilogie parfaitement cohérente.

 

Toy Story 2 - John Lasseter, Ash Brannon, Lee Unkrich - 1999

 

Rendez-vous en juin 2026

Je l’admets volontiers : j’ai beaucoup tergiversé, imaginé, extrapolé… et je me suis sans doute trompé sur une bonne partie de mes suppositions. Mais c’est tout le jeu de la chronique FollowUp : se projeter, anticiper, tenter de deviner ce que les studios nous réservent à partir des fragments déjà dévoilés de leurs projets. Cette chronique est, par ailleurs, évolutive. Elle a été écrite en novembre 2025, avec les informations disponibles à ce moment-là, et elle donnera naissance à un nouveau chapitre intitulé “Mise à jour”, dans lequel je reviendrai sur mes pronostics pour évaluer, avec le recul du produit fini, ce que j'avais vu juste… et où je m’étais joyeusement fourvoyé. J’espère en tout cas ne pas avoir raconté trop de bêtises et avoir su transmettre l’excitation sincère que suscite ce cinquième opus. Rendez-vous en juin 2026 pour découvrir la vérité, celle que nous racontent les artistes talentueux de Pixar.

 

Rex, le Roi de la Fête - Mark A. Walsh, Dylan Brown - 2012

 

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