Ce que nous avons vu (et vécu) au Festival d’Annecy 2025

Publié le 14 juin 2025 par Guillaume
Annecy 2025
Analyse des tendances, de l'actualité et de la culture de l'animation

Du dimanche 8 au samedi 14 juin, la rédaction de CinéAnimation a eu le plaisir — et le défi — de couvrir le Festival d’Annecy 2025. Une semaine intense, rythmée par un programme particulièrement chargé, que nous avons abordée avec enthousiasme et curiosité.

 

Un grand lac niché entre les montagnes, des affiches de films d’animation à chaque coin de rue, des bulles, des lapins, des escadrilles d'avions en papiers, une armée de visiteurs badgés sillonnant la ville — familles, étudiants, cinéphiles aguerris, jeunes, vieux, animateurs, journalistes, réalisateurs, artistes, chevelures arc-en-ciel, hétéros, gays, personnes de tous horizons, de tous genres, de toutes classes — réunis dans une même ferveur. Celle de l’amour du cinéma d’animation. Ici, tout respire la joie, le jeu, le partage… et un petit grain de folie enchantée. Aucun doute possible : nous sommes bien au Festival d’Annecy.

 

 

Nous voilà donc avec une mission principale : visionner l’ensemble des dix longs métrages en compétition dans la section L’Officielle. Objectif atteint ! Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Déterminés à offrir une couverture aussi riche que possible, nous avons également assisté à plusieurs projections exclusives, en avant-première ou hors compétition, et pris le temps de découvrir les expositions proposées autour de l’événement. Parce qu’à Annecy, le cinéma se vit aussi en dehors des salles.

Voici tout ce que nous retenons de cette édition 2025.

 

Une ouverture qui présageait déjà le meilleur

La cérémonie d’ouverture, dimanche soir à la Grande Salle Bonlieue, a lancé les festivités avec une énergie à la hauteur des ambitions du Festival. L’animation hongroise à l’honneur, l’annonce de la future Cité Internationale du Cinéma d’Animation par le maire François Astorg, et les 18 000 accrédités salués par Dominique Puthod ont donné le ton d’une édition exceptionnelle.

Le Festival a honoré plusieurs figures majeures de l’animation en remettant ses Cristaux d’honneur, à commencer par Michel Gondry, qui a reçu le sien quelques heures avant la cérémonie d'ouverture, à l’occasion d’une leçon de cinéma exceptionnelle où il présentait son nouveau film, Maya, donne-moi un autre titre

 

Michel Gondry

 

La talentueuse réalisatrice britannique Joanna Quinn a été saluée lors de la cérémonie d’ouverture, tandis que Matt Groening a lui aussi été distingué pour son immense contribution à l’histoire de l’animation, plus tard dans la semaine.

 

Joanna Quinn

 

Après la présentation des membres du jury, place au cœur du programme de la soirée : la projection de cinq courts-métrages en compétition, présentés par leurs réalisateurs respectifs. Trois films nous ont particulièrement marqués : La jeune fille qui pleurait des perles de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, fable tragique sublimée par une animation en volume d’une grande finesse ; 9 milionů barev de Bára Anna Stejskalová, notre favoris de cette sélection, conte aquatique aussi tendre que profond porté par des personnages inoubliables ; et Star Wars: Visions "Black" de Shinya Ohira, véritable choc visuel au style hypnotique, plus expérimental que narratif, mais incontestablement saisissant.

 

9 milionů barev - Bára Anna Stejskalová - 2025

 

Une compétition officielle vraiment dingue

Nous devons l’admettre : faute de temps (et de clonage), nous n’avons pas pu assister aux sept programmes de courts métrages en compétition officielle — à l’exception de celui projeté lors de la cérémonie d’ouverture — ni aux courts des autres catégories.

Parmi la grande sélection, nous connaissions déjà Les Bottes de la nuit, qui avait été pour nous un coup de cœur dès la première découverte. Nous avions eu la chance de le découvrir dans le film d’anthologie Une Guitare à la mer, distribué par Little KMBO et projeté en salles en février dernier. À l’époque déjà, ce court métrage signé Pierre-Luc Granjon s’imposait comme le sommet du programme. Réalisé sur l’Épinette — le dernier écran d’épingles construit par Alexandre Alexeïeff et Claire Parker —, le film magnifie cette technique artisanale rarissime à travers une mise en lumière saisissante, entre clair-obscur subtil et transitions d’une fluidité hypnotique. Le modelé de l’image confère au récit une profondeur poétique rare, pour une expérience visuelle hors du commun. Autant dire que nous avons été ravis, mais pas surpris, de le voir récompensé au palmarès. Nous y revenons un peu plus loin dans cette chronique.

 

Une Guitare à la mer - Pierre-Luc Granjon - 2025

 

Les longs métrages de la section Contrechamp nous ont également échappé. Mais pas d’inquiétude : nous aurons l’occasion d’y revenir, surtout si certains titres trouvent une distribution en France dans les mois ou les années à venir.

Côté longs métrages, la compétition L’Officielle nous a tout simplement bluffés. Cette année, la sélection atteignait des sommets, tant par la diversité des propositions que par leur qualité. Nous avons visionné les dix films en lice, et jamais nous n’avions attribué autant d’étoiles dans nos critiques que durant cette semaine enchantée.

 

Nos coups de cœurs

Arco

De nos trois coups de cœur, Arco d’Ugo Bienvenu est le plus intense. Ce récit d’anticipation suit Iris, une fillette qui recueille un mystérieux garçon tombé du ciel, venu d’un futur paisible où le voyage dans le temps existe. Le film impressionne par sa cohérence et sa maîtrise : chaque scène compte, l’émotion y est constante, et le propos écologique se glisse sans lourdeur dans un univers mêlant science-fiction et réalisme magique. La relation entre Iris et Arco, d’une justesse bouleversante, traverse un monde en ruine avec une grâce lumineuse. Le film séduit par la richesse de sa mise en scène, la beauté de son esthétique et la puissance de son message, à la fois grave et porteur d’espoir.

Nous nous sommes malheureusement laissé surprendre par l’horloge en tentant de voter pour ce film au Prix du public : les votes étaient déjà clos lorsque nous avons terminé notre visionnage de la sélection. Qu’importe, CinéAnimation continuera à soutenir ce film jusqu’au bout — et il faut croire que notre plaisir était partagé par les jury car Arco a finalement remporté le Cristal du long métrage, une merveilleuse consolation pour nous.

 

Arco - Ugo Bienvenu - 2025

 

Amélie et la métaphysique des tubes

Deuxième coup de cœur de notre sélection, Amélie et la métaphysique des tubes de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han réussit brillamment l’adaptation du roman d’Amélie Nothomb en un récit animé d’une poésie lumineuse. Suivant l’éveil de la conscience d’une petite fille belge née au Japon, le film explore avec finesse des thématiques profondes : le deuil, l’amour familial, la tendresse d’une nourrice, la place dans la fratrie. La relation entre Amélie et son amie Nishio-san, bouleversante de sincérité, forme le cœur émotionnel du récit. Portée par une animation 2D délicate, aux influences japonaises subtiles mais ancrée dans une tradition graphique européenne raffinée, l’esthétique émerveille autant que l’écriture, entre humour, grâce et intensité dramatique. Le doublage, lui aussi d’une grande justesse, renforce encore la force émotionnelle de l’ensemble. C’est une adaptation rare, sensible et inspirée, saluée par le Grand Prix du public.

 

 Amélie et la métaphysique des tubes - Maïlys Vallade, Liane-Cho Han - 2025

 

Marcel et Monsieur Pagnol

Dernier coup de cœur de notre sélection, Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet est un hommage animé vibrant à l’écrivain-cinéaste, porté par l'idée d'un dialogue entre le Marcel adulte et l’enfant qu’il fut. Le film, d’une richesse narrative et visuelle remarquable, mêle biographie, mémoire et poésie avec la patte inimitable de Chomet. L’animation foisonne de détails, les personnages oscillent entre réalisme et caricature avec une grâce expressive, et les dialogues ciselés résonnent comme des broderies provençales. Laurent Lafitte, bluffant de justesse, incarne Pagnol avec une retenue émouvante, tandis que les accents chantants du reste du casting composent une partition sonore savoureuse. Malgré l’absence de récompense au palmarès, ce film a toute sa place aux côtés des plus grandes réussites de Chomet, et CinéAnimation continuera à le célébrer comme il se doit.

 

Marcel et Monsieur Pagnol - Sylvain Chomet - 2025

 

Les très belles surprises de la sélection

Parmi les autres films de la sélection, trois œuvres se démarquent par leur singularité et leur maîtrise.

Planètes de Momoko Seto est un fascinant croisement entre documentaire, science-fiction et conte botanique, porté par une animation hybride éblouissante et une narration muette d’une grande puissance symbolique.

 

Planètes - Momoko Seto - 2025

 

Olivia et le Tremblement de terre invisible d’Irene Iborra, drame social à hauteur d’enfant, nous a touché par son humanité, sa tendresse et la poésie de son écriture.

 

Olivia et le Tremblement de terre invisible - Irene Iborra - 2025

 

Into the Mortal World de Ding Zhong impressionne par sa qualité d’animation, sa richesse narrative et ses audaces formelles, confirmant la montée en puissance du cinéma d’animation chinois. Trois films forts, chacun dans leur registre, qui enrichissent brillamment cette compétition 2025.

 

Into the Mortal World - Ding Zhong - 2025

 

Les autres nommés

Du côté des films qui nous ont moins impressionnés, Housenka – The Last Blossom de Baku Kinoshita est un drame poétique et minimaliste qui séduit par la pudeur de son récit et la sensibilité de son propos, mais dont la lenteur extrême et l'esthétique trop neutre finissent par affaiblir l'impact.

 

Housenka – The Last Blossom - Baku Kinoshita - 2025

 

Deux autres titres ont divisé notre rédaction. ChaO de Yasuhiro Aoki, fresque déjantée entre romance et absurde futuriste, qui impressionne par sa liberté formelle et son inventivité visuelle, mais qui peine à trouver un équilibre narratif, au point de saturer notre attention. Allah n’est pas obligé de Zaven Najjar, aborde un sujet d'une terrible gravité — la guerre et les enfants soldats — avec une intention louable, mais se perd dans une mise en scène sans souffle, un récit répétitif et une direction artistique dénuée d’aspérités.

Enfin, La mort n’existe pas de Félix Dufour-Laperrière, malgré une proposition visuelle originale et élégante, nous a déçus : lourd de symbolisme mal canalisé, le film échoue à incarner la portée de ses thèmes et laisse un sentiment de malaise.

 

ChaO - Yasuhiro Aoki - 2025

 

Regards sur les séances événements

En dehors de la compétition, plusieurs séances spéciales nous ont permis de découvrir des films aux propositions très variées. Le Secret des mésanges d’Antoine Lanciaux charme par son animation artisanale en papier découpé, d’une délicatesse rare, au service d’un récit intimiste empreint de tendresse — une œuvre modeste et sincère. Mary Anning de Marcel Barelli s’impose par la solidité de son propos historique et féministe, porté par une héroïne forte et un récit clair. Falcon Express, du studio TAT Productions, assume pleinement sa vocation de divertissement familial survitaminé : un rythme frénétique, des scènes d’action bien menées et un public conquis en salle. Enfin, nous avons découvert Les Supers, réalisé par Caroline Origer, qui s’inscrit dans une veine très classique du cinéma d’animation familial. Correctement réalisé et rythmé, le film ne nous a cependant pas particulièrement marqué, faute d’une proposition vraiment singulière. Enfin, nous avons eu la chance de découvrir Maya, donne-moi un autre titre, le nouveau film de Michel Gondry, deux jours avant l’ouverture du festival. Ce projet singulier, empreint de poésie et d’invention formelle, nous avait suffisamment intrigués pour lui attribuer trois étoiles dans notre critique.

 

Le Secret des mésanges - Antoine Lanciaux - 2025

 

Et Disney-Pixar dans tout ça ?

Nous n’avons pas pu assister aux présentations Disney-Pixar, faute de temps — et parce que nous préférons découvrir les films dans leur entièreté plutôt qu’en extraits successifs. Mais évidemment, nous nous sommes tenus informés pour vous !

Zootopie 2 a dévoilé plusieurs séquences prometteuses en compagnie de Jared Bush, tandis que l’illustre Ron Clements, honoré sur scène, a annoncé son retour en tant que conseiller artistique. Les premières images de Toy Story 5, Elio, et Hoppers ont affichés des univers riches, entre aventures déjantées et science-fiction touchante. Le nouveau Toy Story s’annonce étonnamment dépaysant, et Elio pourrait bien mêler humour et émotion comme seul Pixar sait le faire. Un programme dense et très attendu, que nous suivrons de près d’ici leur sortie en salles.

 

 

Parmi les annonces les plus enthousiasmantes du côté de Pixar, l’une a particulièrement retenu notre attention : Gatto, nouveau long métrage original prévu pour l’été 2027. Dévoilé en surprise à Annecy par Pete Docter, le film marquera le retour du studio en Italie, après Luca, avec à sa tête le même duo créatif : le réalisateur Enrico Casarosa et la productrice Andrea Warren. L’histoire se déroule dans une Venise mystérieuse, où Nero, un chat noir endetté auprès d’un parrain de la mafia féline, se voit contraint de forger une amitié inattendue pour échapper à son destin. Explorant les thèmes du sens de la vie, des secondes chances et des liens improbables, Gatto promet une ambiance aussi poétique que mélancolique, portée par un style visuel expressif.

 

Gatto - Enrico Casarosa - 2027

 

Les autres annonces des grands studios

Parmi les autres temps forts de cette édition, plusieurs studios majeurs ont fait sensation. DreamWorks est venu présenter en avant-première Les Bad Guys 2, suite très attendue de leur succès de 2022. Paramount, de son côté, a dévoilé les premières images de deux franchises cultes : Les Schtroumpfs et Bob l’éponge – Le film : À la recherche de l’éponge perdue, qui promettent tous deux un retour coloré et décalé sur grand écran. Netflix n’était pas en reste, avec une présentation de ses projets à venir en animation, dont l’avant-première remarquée de Fixed, le nouveau film de Genndy Tartakovsky, qui a suscité une vive curiosité dans les rangs des festivaliers.

 

Fixed - Genndy Tartakovsky - 2025

 

Les invités d'honneur

Comme chaque année, Annecy a rendu hommage à plusieurs figures majeures du monde de l’animation. En plus des trois Cristaux d’honneur remis à des artistes incontournables : Michel Gondry, Joanna Quinn et Matt Groening, le Mifa Animation Industry Award a été attribué à Didier Brunner, grand nom de la production française, à qui l’on doit Kirikou, Ernest et Célestine ou encore La Vieille Dame et les Pigeons. Enfin, Áron Gauder, réalisateur hongrois primé en 2023 pour Les 4 Âmes du coyote, était cette année le parrain du Campus Mifa, où il a partagé son expérience avec la nouvelle génération de talents internationaux.

 

Matt Groening

 

Une rencontre hors-normes

Grâce au distributeur Wild Bunch, nous avons eu le privilège de rencontrer Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville et de L’Illusionniste. Il nous a parlé de son film Marcel et Monsieur Pagnol, mais aussi confié quelques informations sur son nouveau projet. Vous pourrez découvrir l’intégralité de cet échange dans le numéro à venir de notre chronique PlanSéquence, avec une retranscription complète de l’interview.

 

Sylvain Chomet présente son film Marcel et Monsieur Pagnol

 

Des expos extras

Impossible de passer à côté de l’hommage à l’animation hongroise, déployé dans les rues comme un grand storyboard à ciel ouvert : une balade ludique où personnages iconiques et artistes contemporains s’invitaient sur les murs et dans les parcs, transformant la ville en musée animé à ciel ouvert.

Autre coup de cœur, l’exposition dédiée au film Le Secret des mésanges, qui dévoilait les décors et pantins originaux conçus en papier découpé. Conçue comme un banc-titre grandeur nature, elle révélait avec une richesse étonnante les secrets d’une technique artisanale rare et précieuse — au point d’éclipser, par moments, le film lui-même.

Enfin, à la Galerie Art By Friends, Natures vivantes rassemblait une vibrante sélection d’œuvres d’artistes hongrois contemporains, entre illustration, animation et expérimentation visuelle. Un aperçu inspirant d’une scène en pleine effervescence, à la croisée des beaux-arts et de l’animation.

 

 

Cinéma à la belle étoile

Le Festival d’Annecy, c’est aussi des projections en plein air, gratuites et accessibles à toutes et tous, qui transforment la ville en salle de cinéma à ciel ouvert. Cette année, neuf films ont attirés une foule joyeuse et curieuse venue profiter de la douceur du soir et de la magie du grand écran. En ce qui nous concerne, nous n’avons pas assisté à ces séances dans leur intégralité, mais nous sommes tout de même passés par là pour observer l’ambiance, et force est de constater que le public répond toujours présent — entre familles allongés sur des plaids, groupes d’amis, ou simples passants happés par le son et la lumière, les séances sont super conviviales.

Les films projetés étaient Les 4 Âmes du coyote, Transformers : Le Commencement, Le Garçon et la Bête, Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau, Hopper et le Hamster des ténèbres, Le Robot Sauvage, Zootopie, Hola Frida et Pil. Tous ces films, nous les avions déjà visionnés, et vous pouvez retrouver nos critiques détaillées pour chacun d’eux.

 

Le Parquet - Annecy

 

Trop de merveilles, pas assez d'heures

Il y a encore tant de choses dont nous souhaitions vous parler : les nombreux films honorables dans diverses catégories, les pépites Contrechamp bien sûr — comme Endless Cookie de Seth et Pete Scriver (élu Grand Prix), Lesbian Space Princess d’Emma Hough Hobbs et Leela Varghese (complètement déjanté), ou encore Space Cadet d’Eric San, qui nous intriguait beaucoup. D’autres titres nous faisaient saliver dans la sélection Annecy Présente, notamment Je suis Frankelda de Rodolfo et Arturo Ambriz (dont les premiers retours sont passionnants), ou Stitch Head de Steve Hudson, qui semble délicieusement burtonesque. Nous avons également manqué plusieurs avant-premières prometteuses, dont Animal Farm d’Andy Serkis, une nouvelle adaptation ambitieuse de l’œuvre d’Orwell, qui a fait forte impression.

Nous reviendrons en détail sur l’ensemble de ces films, au fur et à mesure que les distributeurs nous en donneront l’opportunité. Nous prendrons le temps de les mettre en lumière comme il se doit, dès que le moment sera venu.

Nous aurions aussi adoré vous parler plus longuement de certaines rencontres, des séances Work in Progress, ou encore des Leçons de cinéma, mais il fallait faire des choix... Et c’est aussi pourquoi, cette année, nous avons fait le pari — assumé et gratifiant — de délaisser entièrement le MIFA pour concentrer notre énergie sur la découverte des films, des artistes et des salles. Une couverture tournée résolument vers l’expérience du spectateur.

 

Séquence d'ouverture des films projetés dans le cadre du festival d'Annecy 2025

 

Clap de fin pour Annecy 2025

Parmi les 4 072 films soumis cette année, 212 ont été sélectionnés et découverts par 18 200 accrédités. Lors de cette soirée riche en émotion, les jurys et le public ont dévoilé leur palmarès. Le Cristal du long métrage a été attribué à Arco d’Ugo Bienvenu — notre coup de cœur — qui repart également avec le Prix Sacem pour sa musique originale. Le Prix du Jury pour un long métrage est revenu à ChaO de Yasuhiro Aoki, film aussi énergique qu’audacieux, tandis que Les Bottes de la nuit de Pierre-Luc Granjon a réalisé un doublé avec le Cristal du court métrage et le Prix du public pour un court métrage, ainsi qu’un Prix spécial André Martin. Une moisson largement méritée.

La cérémonie, animée par le Délégué Général Marcel Jean, a été marquée par des temps forts engagés : le message de soutien aux artistes iraniens, lu en ouverture, et l’intervention poignante de Sepideh Farsi, présidente du jury longs-métrages, filmée depuis l’Égypte où elle se prépare à entrer dans Gaza.

La soirée a également offert quelques surprises animées, avec notamment une version expérimentale de Steamboat Willie, un court-métrage excellent sur la myopie, L’horizon du bout du nez, et un récit apocalyptique très drôle sur la responsabilité de chacun face a son bilan carbone.

 

Pierre-Luc Granjon et Yves Bouveret (Les Bottes de la nuit)

 

Un festival à la hauteur de nos rêves 

Impossible de conclure sans dire à quel point nous avons adoré cette semaine passée à Annecy. Chaque jour a été une source de découvertes, d’émotions et de rencontres, dans une ambiance toujours aussi vibrante. Nous repartons le cœur plein, ravis d’avoir vu tant de beaux films — et, il faut bien l’avouer, un peu fiers aussi : presque tous nos favoris ont été récompensés par les jurys ou le public. Ce genre d’événement donne du sens à notre travail, et du souffle à notre passion. Merci Annecy pour cette édition incroyable. On se retrouve, évidemment, l’année prochaine.

 

 

©Citia /Microfilm Paris

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