Jumpers

Long métrage
Cinéma

Jumpers

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

Hoppers

Durée

105 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

États-Unis : sortie le

Réalisation

Daniel Chong

Société de production

Pixar Animation Studios
Walt Disney Pictures

Synopsis

Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute (littéralement !) sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite… en se glissant dans la peau d’une adorable femelle castor. Conçu par des scientifiques visionnaires, ce dispositif permet de transférer la conscience humaine dans le corps de robots-animaux plus vrais que nature. Mabel se lance alors dans une aventure unique et riche en découvertes au cœur du règne animal.

Critique

Ordinaire

Jumpers est un film américain réalisé par Daniel Chong, produit par Pixar Animation Studios. Ce film de science-fiction familial suit Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, qui teste une technologie révolutionnaire permettant de transférer la conscience humaine dans des robots animaliers. Propulsée dans le corps d’une femelle castor, elle découvre le monde sauvage de l’intérieur et se retrouve au cœur d’un conflit opposant la nature aux ambitions humaines.

 

 

Les points forts


L’animation constitue la réussite la plus évidente du film. Sans chercher à révolutionner la technique, la production affiche une maîtrise irréprochable : fluidité constante, textures soignées, direction artistique douce et enveloppante. L’univers visuel est confortable, immédiatement lisible, et les environnements dégagent une chaleur rassurante. Les personnages s’intègrent avec naturel dans cet écrin soigné. Mabel, volontairement excessive et légèrement agaçante, conserve un capital sympathie suffisant pour que son engagement fasse sens. Le premier quart d’heure se révèle particulièrement efficace : introduction rythmée, promesse d’un grand spectacle technologique, énergie communicative. Le concept de transfert de conscience intrigue et installe d’emblée une attente ambitieuse.

 

 

Les points faibles


Le véritable problème réside dans l’intention et dans l’écriture. Le scénario semble fragile dès sa conception et accumule les facilités indignes d’un studio longtemps synonyme d’exigence narrative. Le parallèle appuyé avec Avatar n’a rien d’anodin : le film adopte la structure d’un récit d’immersion chez « l’autre », mais en version simplifiée et édulcorée, davantage proche des recettes de DreamWorks Animation que de l’identité historique de Pixar. L’ombre du succès du Robot sauvage plane sur l’ensemble, donnant le sentiment d’un studio cherchant à reproduire des formules éprouvées plutôt qu’à innover. La magie conceptuelle et l’intelligence émotionnelle qui faisaient la singularité de ses grandes œuvres disparaissent au profit d’un récit conventionnel, parfois élémentaire. L’univers perd toute cohérence interne : animaux affublés de couronnes, requins transportés dans les airs par des mouettes, dérives absurdes jamais assumées jusqu’au bout. Le cadre spatial demeure étriqué, limité à quelques environnements figés, sans ampleur ni véritable sensation de voyage. Le message écologique, réduit à un affrontement caricatural entre un maire destructeur et une héroïne défenseuse de la biodiversité, se conclut dans une harmonie forcée et prévisible. L’intrigue esquisse même une révolte animale aux accents subversifs avant de se dégonfler, refusant d’exploiter le potentiel dramatique d’une véritable confrontation. Cette absence d’audace frustre d’autant plus que le concept ouvrait la voie à des enjeux considérables.

 

 

En conclusion


La déception domine. L’œuvre ne marque ni le genre ni la filmographie du studio. Comparé à Elio, injustement boudé mais bien plus abouti dans sa proposition, Jumpers apparaît comme une production rassurante, remaniée pour correspondre à une version inoffensive et consensuelle de son idée initiale. Le film trop ordinaire incarne l’un des projets les moins inspirés du studio.

 

 

Avis rédigé par Guillaume le d'après une version française

Production

Distributeur