Vampire Hunter D : Bloodlust
Vampire Hunter D : Bloodlust
Infos techniques du film d'animation "Vampire Hunter D : Bloodlust"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Vampire Hunter D : Bloodlust"
Première diffusion en 2000 à Hong Kong
La Terre est encore hantée par des vampires, même si leur nombre est de moins en moins important. Des humains deviennent chasseurs de vampires.
Critique du film d'animation "Vampire Hunter D : Bloodlust"
Vampire Hunter D: Bloodlust est un film d’animation japonais réalisé par Yoshiaki Kawajiri, réalisateur connu pour son côté ultra-stylisé et son dynamisme, notamment avec des films comme Ninja Scroll, Wicked City ou encore Monster City. Il a été produit par le studio Madhouse pour sortir en salle (dans son pays d'origine), contrairement à la première adaptation du roman. Kawajiri a donc pris la relève en se faisant accompagner par les musiques de Marco D’Ambrosio et un budget nettement plus élevé, pour une nouvelle œuvre de « dark fantasy » beaucoup plus appréciée que l’OAV de 1985, ne serait-ce que pour son animation plus poussée. Il adapte ici le troisième roman de la saga littéraire intitulé Demon Deathchase (D persécute le démon en français). Nous retrouvons ce monde post-apocalyptique où humains et créatures démoniaques cohabitent, et où D, un dhampir (mi-homme, mi-vampire), est engagé pour retrouver Charlotte, la fille d’un riche noble, qui a été enlevée par un puissant vampire du nom de Meier Link. Il se fera quelque peu aider par Leila Marcus, avec qui il entretiendra une relation ambiguë, pendant que Charlotte vit un amour impossible avec le vampire qui l’a enlevée.

Les points forts
La qualité visuelle et narrative de Vampire Hunter D: Bloodlust témoigne d’un travail largement plus poussé que la première adaptation de 1985. Le clair-obscur est bien plus marqué, donnant tout de suite à l’univers une aura plus obscure et envoûtante. La colorimétrie est parfaitement maîtrisée et nous transporte dans un monde médiéval futuriste où transparaît une touche cybergoth, le tout sublimé par des chara-designs saisissants. Il devient alors difficile de ne pas considérer ce film comme une référence incontournable du début du XXIe siècle en matière d’animation. C’est notamment à travers ses décors macabres et somptueux que le film réinvente presque le mythe du vampire, en approfondissant leurs capacités et leurs motivations, bien plus travaillées que dans le premier film, où elles semblaient flotter sans réel fil conducteur. L’histoire prend aussi plus d’ampleur en proposant un casting de personnages plus riche, ce qui permet de dépasser le schéma binaire du sauvetage classique. Même dans des détails plus subtils, le film gagne en profondeur. D, toujours aussi imposant et taciturne, trouve un contrepoids intéressant avec son parasite, dont la présence et l’expressivité sont enfin exploitées à leur juste valeur, là où il était pratiquement oubliable auparavant.

Les points faibles
Le film hérite des mêmes faiblesses que son prédécesseur. Il n’accorde toujours aucune importance à l’ambiance sonore. En dehors d’un léger bruit de vent sous-mixé sur quelques plans, l’univers semble trop silencieux, surtout lorsque la musique s’efface. Ce vide auditif devient d’autant plus perceptible lorsqu’on le compare à la présence marquée de la bande originale, qui, elle, sait imposer son atmosphère. Là encore, on s'attend à ce que D rencontre davantage de résistance, mais le contexte lui est toujours aussi favorable que dans le premier film. Son introduction en tant que personnage quasi invincible réduit quelque peu l’enjeu et l’intérêt dramatique. Heureusement, la narration rattrape vite ce point après la première confrontation avec Meier Link, où l’on commence à percevoir de véritables enjeux et un soupçon de fragilité chez le personnage principal. Mais ce choix aurait mérité un meilleur équilibre dès le départ.

En conclusion
Vampire Hunter D: Bloodlust est une réussite visuelle et artistique, bien plus aboutie que le film de 1985, grâce à son animation fluide, sa mise en scène élégante et son atmosphère gothique. Son approche plus nuancée du conflit entre humains et vampires, ainsi que son traitement des émotions et des dilemmes moraux, lui donnent une dimension plus mature et tragique. Si le film reste parfois prévisible dans sa structure et légèrement contemplatif, il n’en demeure pas moins un film d’animation dark fantasy porté par une direction artistique somptueuse et des musiques envoûtantes. Une œuvre incontournable pour les amateurs de vampires, de dark fantasy et d’animation japonaise soignée.
