Wicked City (La Cité Interdite)
Wicked City (La Cité Interdite)
Infos techniques du film d'animation "Wicked City (La Cité Interdite)"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Wicked City (La Cité Interdite)"
Les hommes vivent entourés de monstres et de démons sans le savoir. La cohabitation se fait de façon pacifique parce qu'une organisation y veille.
Critique du film d'animation "Wicked City (La Cité Interdite)"
Wicked City est un film d’animation japonais (un OAV) réalisé par Yoshiaki Kawajiri et écrit par Kisei Choo, sorti en 1987. Il s'agit d'une adaptation de la série de romans éponyme de Hideyuki Kikuchi, parue deux ans plus tôt. Le film a été diffusé pour la première fois en France en 1991 sous le titre La Cité Interdite, puis repris en 1995 par Manga Entertainment sous son titre original. Une version DVD a ensuite été publiée par Dybex, mais sans doublage français, uniquement en version sous-titrée. Dans cette "cité interdite", humains et démons coexistent, les démons prenant une forme humanoïde. Cependant, une nouvelle guerre menace, et un traité de paix doit être signé. Le docteur Giuseppe Maiyart, clé de cet accord, devient la cible des démons, ce qui amène la garde noire à le protéger. Cette garde est composée de Taki, un humain, et de Makie, une femme « obscure » (terme désignant les démons).

Les points forts
Wicked City se distingue par son élégance érotique et son atmosphère malsaine. Le film utilise une esthétique sombre, des tons froids et une ambiance nocturne qui renforce son côté vampirique. Les couleurs sont magnifiquement rendues, et la bande-son jazz enrichit l’expérience visuelle. Les scènes d'action en extérieur se caractérisent par des jeux de lumière bleus, rouges et violets, agrémentés d'effets stroboscopiques intéressants. Le Body Horror est habilement réalisé, créant des images horrifiques mémorables qui mêlent l'horreur à l'érotisme de manière spectaculaire.

Les points faibles
Le film souffre de nombreux défauts. Il parfois dans des stéréotypes déconcertants. Malgré sa volonté de présenter une figure féminine forte, Makie est souvent réduite à un objet de désir, servant l'érotisme ambiant. Bien que le film ait le potentiel de faire d'elle une héroïne féministe face aux « succubes » de l'autre camp, elle est continuellement exposée, et son personnage est affaibli par les remarques misogynes du docteur Maiyart, qui semble exister uniquement pour rabaisser les femmes autour de lui. De plus, Taki, censé être le héros principal, est noyé par ce dernier. Les deux protagonistes, censés être au cœur de l'intrigue, sont finalement négligés. Les conflits auxquels ils font face se résolvent trop rapidement, ce qui donne l'impression d'une narration simpliste, se limitant à une succession de scènes de corps meurtris ou sensuels.
En ce qui concerne l'animation, bien qu'elle soit visuellement saisissante, elle manque de fluidité, surtout en comparaison avec d'autres œuvres japonaises de l'époque, comme Akira ou Ghost in the Shell.

En conclusion
Le film nous offre des tableaux gores alliant humanoïdes et surréalisme démoniaque, mais il peine à se positionner entre science-fiction horrifique et simple film érotique. La narration manque de profondeur, comme si elle se retenait par manque de moyens ou par crainte de décevoir son public. Malgré tout, sa réalisation reste cohérente avec les productions de l'époque dans l’industrie de l’animation japonaise.
