XXXHolic, le songe d'une nuit d'été
XXXHolic, le songe d'une nuit d'été
Infos techniques du film d'animation "XXXHolic, le songe d'une nuit d'été "
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "XXXHolic, le songe d'une nuit d'été "
Watanuki Kimihiro est un jeune lycéen qui a la capacité de voir les esprits. Ces esprits lui compliquent sa vie. Un jour, pour échapper ses poursuivants en vain, il touche une barrière de la maison de Yuko Hichihara. Elle lui propose de l'aider à faire disparaitre ces esprits en compensation, il devra être à son service à mi-temps. Watanuki est alors plongé dans l'univers étrange de Yuuko, qui lui dispense des leçons de sagesse et qui n'hésite pas une seconde à l'exploiter. Yuuko incarne la femme fatale : elle est désirable, intelligente et manipule les hommes sans aucune difficulté... Et Watanuki va en faire l'amère expérience. Mieux vaut-il être tourmenté par des esprits ou par Yuuko ?
Critique du film d'animation "XXXHolic, le songe d'une nuit d'été "
XxxHOLiC : Songe d’une Nuit d’été est un film d’animation japonais réalisé par Tsutomu Mizushima d’après le manga éponyme de CLAMP, un célèbre collectif de mangakas constitué essentiellement de femmes. Sorti en 2005, cette œuvre cinématographique est à la fois rattachée à l’univers étrange et mystique de la série de mangas XxxHOLiC, mais contient cependant une intrigue faite spécialement pour un format long-métrage. Le film suit, pendant une heure, Watanuki, un étudiant ayant le don de pouvoir percevoir les esprits. Pour pouvoir s’en débarrasser, il conclut un marché avec la sorcière et voyante Yûko qui, en échange de ses services, accepte d’exaucer son vœu. Yûko l’embarque alors, dans ce long-métrage, dans un manoir isolé où des invités énigmatiques disparaissent un à un dans une ambiance proche du huis clos fantastique.

Les points forts
XxxHOLiC : Songe d’une Nuit d’été fait preuve d’un style visuel et d’une originalité hors norme. Se présentant comme une œuvre à part dans le paysage de l’animation japonaise du début des années 2000, le film mêle l’élégance visuelle propre à CLAMP avec une atmosphère mystérieuse et surréaliste, proche du rêve ou du cauchemar, avec une touche de gothique. Le chara-design est atypique. Il jongle entre silhouettes étirées et proportions volontairement déformées, ce qui renforce l’étrangeté captivante de l’œuvre. Chara-design accompagné d’une animation qui transgresse les conventions par des personnages qui s’étirent et s’emmêlent continuellement entre eux, avec eux-mêmes ou avec le décor dans lequel ils évoluent. Transgression poussée jusqu’à l’altération de l’image lors de l’apparition des esprits, qui peut aller jusqu’à la pixellisation des traits. Le travail de l’image et de la texture est également remarquable. En effet, nous avons une utilisation audacieuse des textures, avec des contrastes extrêmes au niveau des couleurs et des lumières, des détails minutieux dans les décors et les costumes, notamment les bijoux et les motifs des tenues. Les effets visuels assument leurs défauts, comme l’utilisation ponctuelle de la 3D pour renforcer l’étrangeté des lieux, ce qui donne une impression de jeu vidéo (les portes aplaties qui s’ouvrent ou les courses dans les couloirs du manoir). Le travail de l’image passe aussi par une manipulation directe de sa texture même, comme si la matière de l’image était modelée : utilisation du grain, du noir et blanc, ou d’effets de mauvaise résolution pour créer une impression fantomatique ou de souvenir altéré.
La bande-son est soignée, ni trop encombrante ni trop absente. Elle est ancrée dans le registre fantastique par des chants spectraux et des instruments à cordes qui accentuent le malaise ou le mystère.
La mise en scène, elle, témoigne d’une réelle réflexion sur le découpage. On le ressent particulièrement dans ses transitions travaillées et ses jeux de raccords visuels et sonores, qui immergent dans l’univers surréaliste qui nous est présenté.

Les points faibles
Le film commence sans introduction ni contextualisation. On plane avec une impression d’avoir manqué le début du récit. La compréhension de l’intrigue est difficile dès les premières minutes. Les personnages se connaissent déjà et leur relation n’est pas expliquée clairement. Ces détails limitent fortement l’accessibilité du film aux spectateurs déjà familiers de l’œuvre originale. De plus, le film a des lacunes au niveau de son implication émotionnelle, en grande partie à cause de son scénario. Le récit peine à captiver, ce qui nous pousse à être davantage portés par l’animation. Le spectateur n’est pas embarqué dans l’intrigue, qui pourtant n’est pas si complexe.
Nous pouvons aussi noter de légères inégalités dans le traitement visuel. Il y a un certain déséquilibre entre le soin apporté au chara-design des personnages masculins et celui des personnages féminins, surtout Yûko. Elle brille beaucoup plus que les deux protagonistes masculins, qui n’ont qu’une tenue de lycéen.

En conclusion
XxxHOLiC : Songe d’une nuit d’été est une œuvre surprenante du début des années 2000 pour ses nombreuses innovations au niveau de l’animation et du traitement de l’image. Sa direction artistique hors norme mériterait une plus grande attention. Pourtant, le film ne recevra qu’un accueil critique discret et ne bénéficiera d’aucune large couverture médiatique. Son manque d’accessibilité, dû à des problèmes de contextualisation, en fait une œuvre surtout appréciée des fans du manga ou de la série animée. Un film qui risque donc de laisser certains spectateurs sur le bord de la route, ou, au contraire, de susciter la curiosité de celles et ceux en quête d’une véritable richesse esthétique visuelle.
