Les Neuf Vies de Fritz The Cat
Les Neuf Vies de Fritz The Cat
Infos techniques du film d'animation "Les Neuf Vies de Fritz The Cat"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Budget
Synopsis du film d'animation "Les Neuf Vies de Fritz The Cat"
Désormais marié et père de famille au chômage, Fritz le Chat passe ses journées avachi sur son canapé à fumer du cannabis. Alors que sa compagne le couvre d’insultes, il laisse échapper ses neuf vies une à une.
Critique du film d'animation "Les Neuf Vies de Fritz The Cat"
Les Neuf Vies de Fritz The Cat est un film d’animation pour adulte américain réalisé par Robert Taylor et sorti en 1974. Il fait suite à l’adaptation de la bande dessinée de Crumb, Fritz The Cat, réalisée par Ralph Bakshi et sortie en 1972. Cet opus fait également suite à la mise à mort du personnage par son auteur, après avoir été répugné par le premier volet. On pourrait même dire que les scénaristes se sont servis de ce « décès » pour baser l’intrigue sur le fait qu’il lui en reste encore huit.
Les Neuf Vies de Fritz The Cat commence donc avec Fritz en querelle avec sa femme, celle-ci tenant leur enfant dans les bras. Pendant qu’elle lui crie dessus, Fritz, la tête dans les nuages, s’imagine les autres vies qu’il aurait pu vivre en dehors de cette relation. Sous forme de petites histoires, Fritz traverse différentes péripéties, plus dingues les unes que les autres, avant de devoir se ressaisir et faire face à sa vie.

Les points forts
Les Neuf Vies de Fritz The Cat conserve son caractère grotesque et son absence de mesure, ce qui le rend unique et attirant pour son public. Contrairement au premier volet, celui-ci a le mérite d’insérer un peu plus de diversité dans la galerie de personnages. Même si leur culture n’est pas exposée de manière explicite, elle transparaît par des accents ou des tics de langage, avec quelques designs un peu plus aboutis que de simples corbeaux pour représenter la communauté noire. Les scènes psychédéliques gardent, quant à elles, une dimension visuellement intéressante.

Les points faibles
Contre toute attente, ce second film se plante dans la plupart des autres aspects de la production. L’animation est beaucoup moins élaborée, témoignant même d’une certaine paresse dans de nombreuses scènes, notamment à travers des flous de mouvement récurrents, des images souvent fixes et des raccords et transitions très maladroits.
Le film perd également son message critique, délaissant la satire d’une société décadente au profit d'une succession de farces grotesques, dont la provocation semble gratuite et dénuée de véritable intention (par exemple : la présence de nazis, de croix gammées ou de blasphèmes, qui ne servent plus que de simples éléments de narration au lieu de véhiculer une critique). Par ailleurs, on retrouve une nouvelle scène de bombardement, mais qui ne semble ici destinée qu'à satisfaire un goût du spectaculaire ou du sensationnel. Le film se concentre trop sur son personnage principal, au détriment d'une analyse critique de la société, qui faisait la richesse du premier opus. Ce recentrage sur Fritz fait perdre à l'œuvre tout ce qui la rendait sale mais intelligente.
Toutes les idées visuelles sont recyclées et utilisées à l’excès. On remarque notamment l’utilisation de prises de vue réelles, qui ne servent qu’à masquer la paresse de l’animation. Les personnages y sont incrustés de manière grossière, ce qui renforce l’impression d’un travail bâclé.

En conclusion
Si elle parvient à conserver une partie de l’irrévérence qui faisait l’attrait de l’original, cette suite s’effondre sur l’essentiel. L’animation simpliste et paresseuse, les provocations gratuites sans fond critique, ainsi que le recyclage excessif des idées visuelles de son prédécesseur en font une œuvre bien moins percutante et audacieuse. En se recentrant sur Fritz au détriment d'une satire sociale plus large, le film abandonne ce qui donnait à son prédécesseur sa profondeur et sa pertinence. Il ne reste alors qu’une suite fade, à peine amusante, et finalement dispensable.
