Baby Boss

Cinéma
Baby Boss
Genre
Comédie
Aventure
Technique
Animation 3D

Baby Boss

Cinéma

Infos techniques

Titre original

The Boss Baby

Durée

97 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

États-Unis : sortie le

Réalisation

Tom McGrath

Société de production

DreamWorks Animation

Budget

$ 125, 000, 000

Synopsis

C'est toujours un choc de voir ses parents rentrer à la maison avec un bébé dans les bras – surtout quand il porte une cravate, qu’il se balade avec un attaché-case et qu’il a la voix d’un quinquagénaire ! Si Tim, 7 ans, ne voit pas d’un très bon œil ce «Baby Boss» débarquer chez lui, il découvre qu’il a en réalité affaire à un espion et que lui seul peut l’aider à accomplir sa mission ultra secrète.

Critique

Honorable

Un Chef d’œuvre avorté

DreamWorks mélange les thèmes de la tendre enfance avec ceux des affaires pour nous raconter l’histoire de Tim, 7 ans, qui doit apprendre à cohabiter avec son nouveau petit frère, un étrange bébé qui porte une cravate et se comporte comme un employé de bureau. Le film est un gros succès.

 

Baby Boss image 1

 

Les points forts


L’humour est l’atout du film. On rit de bon cœur. La séquence du vomi (et notamment sa réplique « Oh non ! Vous en avez pris dans la bouche ») est hilarante.

L’animation n’est pas incroyable, mais elle reste globalement satisfaisante. L'histoire est intéressante, mais ne développe pas suffisamment les aspects attrayants de l’intrigue. L’ambiance du film est attractive. Le rythme et la musique sont plaisants.

 

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Les points faibles


Ce Baby Boss souffre du défaut majeur souvent attribué aux productions Dreamworks, c’est-à-dire un manque crucial de soin et de finition dans les détails et les aboutissants. Si l’idée et le sujet peuvent nous paraître originaux, l’œuvre dans sa globalité donne un étrange sentiment de confusion, comme si l’équipe de production n’avait jamais visé l’excellence, mais plutôt la facilité et la rapidité. C’est d’autant plus dommage que le contexte était prometteur, le scénario aurait pu faire de ce film un chef d’œuvre, en faisant preuve de plus d’ambition et de passion, et surtout d’intelligence narrative.

L’animation est d’ailleurs à l’exemple du reste, et semble régresser techniquement. C’est beau, mais ce n’est pas à la hauteur des films des concurrents. Les animateurs sont tomber dans le vieux piège de la 3D, pourtant désormais bien connu des professionnels de l’animation, les visages des personnages, lisses et fades, ont l’aspect du plastique. On pensait que l’industrie avait surpassé depuis longtemps cette difficulté, Baby Boss nous démontre que le problème est toujours d’actualité. On a ici l’affreuse impression de retrouver les défauts techniques d’un Toy Story, premier du nom (sauf que 20 ans séparent les deux films, et que pour le coup la définition des personnages de Toy Story étaient censés reproduire le rendu du plastique, puisqu’il s’agit de jouets).

Si l’histoire repose sur une bonne idée de base, trop d’éléments sont laissés à l’imagination du public. Le fait que le bébé porte un costard apparaît comme une originalité jamais justifié. S’il ne s’était agi que du fruit de l’imagination de Tim, cela aurait pu être crédible, mais dès lors que l’on apprend que les parents observent aussi cette particularité, l’œuvre perd aussitôt toute logique et crédibilité.

La crédibilité est le problème essentiel de l’œuvre. On ne parvient pas à s’investir dans l’histoire. Pourtant les auteurs avaient une autoroute devant eux pour justifier les aspects extraordinaires de cette aventure, notamment avec l’imagination dévorante de Tim, qui est exploité, mais d’une manière absolument maladroite. Tout serait tombé sous le sens, si le fameux Baby Boss était venu au monde d’une manière conventionnelle, mais que seul Tim se le représentait comme un mini homme d’affaires. En somme, le contexte manque de garde-fou, dans le sens littéral du terme. Le film s'enfonce tout seul dans sa propre opacité au fil des minutes. Le contexte n’est pas maîtrisé alors que le sujet, lui, aurait pu être enchanteur. Un déséquilibre frustrant pour le public.

 

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En conclusion


Le film est tout de même très divertissant grâce à son énergie récréative, mais on ne peut que regretter son manque de cohérence. Si le public a répondu au rendez-vous avec beaucoup d'enthousiasme, un peu d’objectivité nous fera reconnaître les nombreux défauts de la production.

Au final, les thèmes tortueux du contexte donnent naissance à une œuvre facile, qui ne cherche jamais à défendre la crédibilité. Si seulement DreamWorks pouvait revoir sa ligne de conduite et nous proposer des œuvres mieux pensés, plus abouti, il deviendrait un studio encore plus remarquable, mais malheureusement, tant qu’il stagnera dans la parodie et la paresse il demeurera le plus petit des géants dans l’ombre des plus grands.

 

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Avis rédigé par Guillaume H. le , d'après une version française

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