Série de Cartoons - Out of the Inkwell
Série de Cartoons - Out of the Inkwell
Dossier rédigé par Guillaume
Out of the Inkwell est une série de dessins animés muets américaine créée à l’aube des années 1920 par les frères Max et Dave Fleischer.
Contexte de création
Max Fleischer, inventeur visionnaire, dépose en 1917 un brevet pour la rotoscopie, une technique révolutionnaire permettant de dessiner par-dessus des images filmées pour donner aux personnages animés des mouvements plus réalistes. Grâce à cette innovation, les Fleischer décrochent un contrat avec le studio Bray Productions. C’est ainsi qu’en 1918, leur petit clown sans nom fait sa première apparition dans une courte animation expérimentale. À partir de 1919, le personnage du clown est régulièrement mis en scène dans Out of the Inkwell en tant que segment d’un magazine filmé distribué par Paramount dans les salles de cinéma. Ces courts-métrages rencontrent vite le succès grâce à leur mélange inédit d’animation et de prises de vue réelles.
L’un des tout premiers épisodes à avoir popularisé le clown est La Mouche qui agace (1919). Koko, fraîchement sorti de l’encrier, est harcelé par une mouche particulièrement agaçante. Ce film met en valeur l’animation fluide du personnage et le comique de situation : on y voit Koko gesticuler frénétiquement pour chasser l’insecte, dans une scène drôle et universelle qui a immédiatement conquis le public.
Style et évolution de la série
Dans ses aventures animées, Koko se caractérise par son esprit malicieux et joueur. Le plus souvent, il sort littéralement d’un encrier – d’où le titre Out of the Inkwell, qui signifie « hors de l’encrier ». Dessiné par la plume de son créateur (incarné à l’écran par Max Fleischer lui-même ou par un animateur visible en live-action), Koko prend vie sur la table à dessin et s’échappe dans le monde réel ou imaginaire. Curieux et farceur, il explore son environnement, fait des bêtises, et lui arrive même de se retourner contre son créateur dans des gags mémorables. Malgré ses frasques, Koko reste un personnage bon enfant, souvent dépassé par les éléments qu’il déclenche. Une fois ses péripéties terminées – souvent dans le chaos le plus total – il retourne sagement dans son encrier, refermant ainsi la parenthèse magique entre le dessin et la réalité.
Dès les années 1920, Koko le Clown a traversé l’Atlantique pour se faire connaître du public français. Bien qu’il n’ait jamais atteint en France la notoriété d’un Mickey Mouse ou d’un Félix le Chat, le personnage a été présenté dans les salles de cinéma muet de l’Hexagone sous le nom de Koko le clown. À l’époque, certains de ses courts-métrages ont été projetés avec des intertitres traduits en français, permettant ainsi au jeune public et aux curieux de découvrir ses facéties.
Le Petit frère du clown (1920)
Dans cet épisode attendrissant, Koko fait la découverte d’un minuscule clown sorti du même encrier que lui, présenté comme son petit frère. Les quiproquos s’enchaînent tandis que Koko tente de s’occuper de ce cadet espiègle. Cet épisode permet de développer la personnalité de Koko en le montrant en grand frère débordé. Sur le plan de l’animation, on y admire les différences d’échelle entre le grand et le petit clown, donnant lieu à des trouvailles visuelles amusantes.
Bulles (1922)
Face à la popularité grandissante du clown, Max et Dave Fleischer fondent en 1921 leur propre société de production, Out of the Inkwell Films, Inc.. Libérés du giron du studio Bray, ils continuent à produire la série de manière indépendante, tout en la distribuant via divers partenaires. Durant ces années, la série gagne en qualité et en créativité, s’imposant comme l’une des plus innovantes de l’ère du muet.
Dans Bulles, Koko se retrouve aux prises avec des bulles de savon enchantées. Chaque bulle capturée par le clown se transforme en une surprise ou un gag différent : l’une contient un objet incongru, l’autre éclate et inonde l’écran, etc. Cet épisode est souvent cité pour son inventivité visuelle et ses effets de transparence assez réussis pour l’époque.
Voyage sur Mars (1924)
Au fil du temps, le personnage de Koko évolue. En 1923, l’animateur Dick Huemer rejoint les Fleischer et apporte des changements décisifs : c’est lui qui baptise officiellement le clown « Ko-Ko » (le nom sera plus tard simplifié en Koko sans tiret). Huemer redessine légèrement le clown pour le rendre plus facile à animer sans recourir constamment à la rotoscopie, ce qui permet d’accroître la spontanéité et l’expressivité du personnage. Koko gagne également un compagnon à l’écran : un petit chien nommé Fitz, qui apparaît d’abord comme faire-valoir comique du clown. Durant la période Inkwell Imps, Koko et Fitz forment ainsi un tandem clownesque, ajoutant du rythme et de nouvelles possibilités humoristiques aux courts-métrages.
Bien avant que la science-fiction ne devienne courante au cinéma, Koko s’offre une virée dans l’espace dans Voyage sur Mars. Dans ce cartoon imaginatif, le petit clown découvre des créatures extraterrestres et des paysages étonnants. Le contexte culturel de l’époque (l’engouement pour les récits de voyages interplanétaires, à la Jules Verne) transparaît dans ce film, qui mélange aventure et comédie. Visuellement, c’est l’un des courts-métrages les plus ambitieux de la série, avec des décors entièrement animés pour représenter la surface martienne, et un Koko explorateur en scaphandre improvisé.
Koko’s Earth Control (1928)
En 1927, après près de 80 épisodes produits, les Fleischer concluent un accord de distribution avec Paramount : la série est alors rebaptisée Inkwell Imps pour les courts-métrages de 1927 à 1929. Sous ce nouveau titre, les aventures du clown se poursuivent jusqu’à l’avènement du cinéma sonore.
Dans Koko’s Earth Control, un épisode tardif de la période Inkwell Imps (sorti en anglais, non distribué en son temps sous un titre français connu), Koko et son chien Fitz découvrent par hasard un panneau de contrôle capable de déclencher la destruction de la Terre – une sorte de machine apocalyptique. S’ensuit un suspense comique : nos deux héros, pris de panique, tentent d’empêcher la catastrophe qu’ils ont eux-mêmes enclenchée par bêtise. Koko’s Earth Control marque les esprits par son ton audacieusement surréaliste et noir (littéralement, le destin du monde est en jeu dans un cartoon humoristique) et par son animation très aboutie pour la fin de l’ère silencieuse. Ce court-métrage est souvent cité comme l’un des meilleurs de la série, témoignant de l’apogée technique atteinte par les Fleischer juste avant l’arrivée du son.

Héritage et influence de Out of the Inkwell
Au total, en l’espace de onze ans, pas moins de 134 films voient le jour. L’arrivée du son marque cependant la fin de la série.
Out of the Inkwell a laissé une empreinte majeure dans l'histoire de l'animation. Elle a permis aux Fleischer Studios de s'imposer comme un rival sérieux de Disney dans les années 1920, grâce à des innovations comme la rotoscopie et le mélange live-action/animation. Ces techniques ont influencé de nombreux créateurs, dont Walt Disney lui-même.
Note : L'intégrale de la série ci-dessous peut être dépliée pour consultation. Les dates indiquées correspondent aux sorties dans le pays d’origine. Tous les films de cette série de cartoons ne sont pas sortis en France. La liste suivante, intitulée « Films associés », n’est pas exhaustive. Elle propose une sélection des épisodes les plus représentatifs de la série, en privilégiant ceux ayant été diffusés ou exploités en France. Les dates indiquées dans cette deuxième liste correspondent aux sorties françaises.
1918
- Electric Bell
- Experiment No. 1
1919
- Experiment No. 2
- Experiment No. 3
- The Clown's Pup
- La mouche qui agace
- Slides
1920
- The Boxing Kangaroo
- The Chinaman
- The Circus
- The Ouija Board
- Le Petit frère du clown
- Poker
- Perpetual Motion
- The Restaurant
1921
- Cartoonland
- The Automobile Ride
- Modèles
- Fishing
- Invisible Ink
1922
- The Fish
- The Dresden Doll
- The Mosquito
- Bulles
- Pay Day
- The Hypnotist
- The Challenge
- The Show
- The Reunion
- The Birthday
1923
- Jumping Beans
- Surprise
- Casse-tête
- Trapped
- The Battle
- False Alarm
- Balloons
- The Fortune Teller
- Shadows
- Il est temps de se coucher
1924
- The Laundry
- Masquerade
- The Cartoon Factory
- Mother Gooseland
- Voyage sur Mars
- A Stitch in Time
- Clay Town
- The Runaway
- Koko En Vacances
- Vaudeville
- League of Nations
- Sparring Partners
- The Cure
1925
- Koko the Hot Shot
- Koko the Barber
- Big Chief Koko
- The Storm
- Koko Trains 'Em
- Koko Sees Spooks
- Koko Celebrates the Fourth
- Koko Nuts
- Koko on the Run
- Koko Packs 'Em
- Koko Eats
- Koko's Thanksgiving
- Koko Steps Out
- Koko in Toyland
- My Bonnie September
1926
- Koko's Paradise
- Koko Baffles the Bulls
- It's the Cats
- Koko at the Circus
- Toot Toot
- Koko Hot After It
- The Fadeaway
- Koko's Queen
- Koko Kidnapped
- Koko the Convict
- Koko Gets Egg-Cited
1927
- Koko Back Tracks
- Koko Makes 'Em Laugh
- Koko in 1999
- Koko the Kavalier
- Koko Needles the Boss
- Ko-Ko Plays Pool
- Ko-Ko's Kane
- Ko-Ko the Knight
- Ko-Ko Hops Off
- Ko-Ko the Kop
- Ko-Ko Explores
- Ko-Ko Chops Suey
- Ko-Ko's Klock
- Ko-Ko's Quest
- Ko-Ko the Kid
1928
- Ko-Ko's Kink
- Ko-Ko's Kozy Korner
- Ko-Ko's Germ Jam
- Ko-Ko's Bawth
- Ko-Ko Smokes
- Ko-Ko's Tattoo
- Koko's Earth Control
- Ko-Ko's Hot Dog
- Ko-Ko's Haunted House
- Ko-Ko's Lamp Aladdin
- Ko-Ko Squeals
- Ko-Ko's Field Daze
- Ko-Ko Goes Over
- Ko-Ko's Catch
- Ko-Ko's War Dogs
- Ko-Ko's Chase
- Ko-Ko Heaves Ho
- Ko-Ko's Big Pull
- Ko-Ko Cleans Up
- Ko-Ko's Parade
- Ko-Ko's Dog Gone
- Ko-Ko in the Rough
- Ko-Ko's Magic
- Ko-Ko on the Track
- Ko-Ko's Act
- Ko-Ko's Courtship
1929
- No Eyes Today
- Noise Annoys Ko-Ko
- Ko-Ko Beats Time
- Ko-Ko's Reward
- Ko-Ko's Hot Ink
- Ko-Ko's Crib
- Ko-Ko's Saxophonies
- Ko-Ko's Knock Down
- Ko-Ko's Signals
- Ko-Ko's Conquest
- Ko-Ko's Focus
- Ko-Ko's Harem Scarum
- Ko-Ko's Big Sale
- Ko-Ko's Hypnotism
- Chemical Ko-Ko
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