Ne m'oublie pas : Les reprises en marge des classiques

Publié le 23 novembre 2025 par Océane
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SoundCast
La musique et les chansons dans le cinéma d’animation

Notre liste des chansons et musiques négligées touche à sa fin avec ce dernier épisode bonus, dans lequel je me suis intéressé aux reprises présentes dans certains films d’animation. Des morceaux familiers que l’on croit connaître par cœur, jusqu’à ce qu’un film d’animation vienne leur donner une seconde vie, parfois inattendue, souvent touchante.

 

Notre collection Ne m’oublie pas est une série de la chronique SoundCast, dédiée à des chansons et musiques de films d’animation qui restent dans l’ombre de nos classiques légendaires. À chaque épisode : un thème, une émotion, et une sélection de morceaux qui ont laissé une trace en moi.

On termine donc avec les reprises, non pas les plus connues, mais celles qui méritent tout de même votre attention, selon moi. Évidemment, lorsqu’on parle de reprise dans un film d’animation, on pense aux innombrables tubes revisités par Alvin et les Chipmunks ou par Les Trolls, mais aujourd’hui, il ne s’agit pas de citer les plus populaires. Ce sont d’autres reprises que j’ai envie de mettre en lumière : plus discrètes, parfois passées inaperçues, mais qui m’ont marquée par leur énergie et leur réinvention. Et comme vous le verrez, on va faire le plein de Shrek. Vous êtes prévenus.

Alors, pour ce dernier détour musical, place à ces chansons que l’on croyait connaître, mais que l’animation a su transformer pour leur donner un tout autre éclat.

 

Shrek

Hallelujah chantée par John Cale

Bien évidemment, c'est sans doute la plus connue de la liste, mais elle mérite quand même d'être citée pour l'effet de surprise…

Durant le film, c'est la version de John Cale qu'on entend lors de la séquence émotive avec la séparation de Shrek et Fiona, qui ressentent chacun de la tristesse. Cependant, sur la bande originale officielle, c'est la reprise de Rufus Wainwright qui y figure. Les deux versions sont des reprises du morceau de Leonard Cohen, sorti en 1984. Elle représente le regret, la mélancolie, la perte de quelque chose de précieux. Bien que le film soit très parodique, le spectateur peut ressentir cette séquence comme un moment hors du temps, une coupure remplie de vulnérabilité, montrant la douleur des personnages.

 

 

 

I'm a Believer interprétée par Smash Mouth

Encore Shrek... car la bande sonore intégrale de la franchise est un sans-faute du début jusqu’à la fin.

Le groupe Smash Mouth démarre merveilleusement le film avec All Star, chanson la plus emblématique de ce premier opus, et le termine en beauté avec I'm a Believer. Mais ici, il s'agit d'une reprise : la chanson originale est chantée par le groupe The Monkees en 1966. La version de Smash Mouth est de style pop-rock, beaucoup plus dynamique que l’originale afin de mieux correspondre à l’univers décalé et humoristique du film de DreamWorks. Elle permet de conclure l’œuvre avec une happy end festive, entraînante, et reflète bien l’esprit du film, qui casse les codes des contes de fées.

 

 

 

WALL-E

La Vie en rose interprétée par Louis Armstrong

Chantée par Édith Piaf à l'origine en 1946, ce morceau devient un succès international et a été repris de nombreuses fois par plusieurs artistes, dont le trompettiste Louis Armstrong. Cette version, datant de 1950, s’est fait connaître auprès d’une génération plus récente grâce au film, avec notre fameux WALL-E qui n’a d’yeux que pour EVE.

Cette musique accompagne les scènes de tendresse et de douceur entre nos deux robots, qui apprennent à se découvrir. Elle évoque tout simplement la beauté de l’amour et le regard émerveillé de WALL-E sur EVE. Elle apporte aussi une touche poétique, renforçant l’ambiance nostalgique et émotive du film.

 

 

 

Si tu tends l’oreille

Country Roads chantée par Kelly Marot

La chanson a été adaptée en français spécialement pour la version française du film, et est chantée par la doubleuse de Shizuku. L'originale, intitulée Take Me Home, Country Roads, est interprétée par John Denver en 1971, et a également été adaptée en japonais pour le film.

La musique nous offre une scène mythique où notre héroïne Shizuku ose chanter sa version de Country Roads, accompagnée de Seiji au violon. Cette séquence renforce la complicité des deux adolescents et marque un lien aussi artistique qu'affectif. Nous remarquons également le courage de Shizuku, qui parvient à prendre confiance en elle et à s’affirmer. Cela symbolise son passage à l'âge adulte, où elle semble déterminée à trouver sa voie et à s’épanouir dans un domaine (dans la version originale de John Denver ci-dessous).

 

 

 

Tous en Scène

I'm Still Standing interprétée par Taron Egerton

Une merveilleuse reprise de la célèbre chanson d’Elton John, sortie en 1983, chantée par Johnny, le jeune gorille qui refuse de suivre le même parcours que son père. Il se donne à fond sur scène, autant au chant qu’au piano, et nous offre une performance enjouée et pleine de vie, illustrant la force intérieure du personnage. Après les doutes, les échecs et la pression paternelle, Johnny choisit de suivre ses rêves et d’être enfin lui-même. Il se sent libéré et confiant. La chanson symbolise alors un message d’espoir et de persévérance, où il faut apprendre à rester debout face aux épreuves de la vie.

 

 

 

Shrek 2

Je veux un héros chantée par Claire Guyot

Reprise du tube original de Bonnie Tyler, Holding Out for a Hero, sorti en 1984, cette version réadaptée en français offre l'une des scènes les plus épiques, drôles et mémorables du deuxième volet de la franchise.

Marraine la Bonne Fée, fidèle à elle-même, offre un spectacle en interprétant la chanson de façon théâtrale et énergique. Toutefois, elle possède sa propre vision superficielle du héros, tandis que Shrek se conduit comme un véritable modèle : imparfait mais sincère, prêt à tout pour sauver l’amour de sa vie. La chanson symbolise donc la quête du héros idéalisé dans un monde qui valorise l’apparence, le physique et la superficialité (dans la version américaine chantée par Frou Frou ci-dessous).

 

 

 

Livin' La Vida Loca interprétée par Eddie Murphy et Antonio Banderas

Ce morceau, chanté par l’Âne et le Chat Potté, conclut le second opus de Shrek à la manière du premier : une fête déjantée avec un concert dynamique et une ambiance drôle et joyeuse. Il s’agit bien évidemment d’une reprise du célèbre single de Ricky Martin, sorti en 1999, mais revisitée à la sauce Shrek, avec du fun et de la folie à volonté. Le titre parle de lui-même : savoir lâcher prise, vivre sa vie à fond sans se soucier des autres, et savoir l’apprécier telle qu’elle est, même si tout n’est pas parfait.

 

Shrek 2 - Andrew Adamson, Kelly Asbury, Conrad Vernon - 2004

 

Bob l’éponge, le film

Glouton Barjot (version rock) chantée par Gilles Morvan

Cette version est une parodie de la chanson I Wanna Rock, interprétée par le groupe Twisted Sister en 1984. Dans le film, Bob reprend l’hymne enfantin des Glouton Barjots pour l’adapter en version rock. Notre éponge veut prouver à tout le monde qu’il peut être un homme, tout en restant fidèle à ses valeurs. Rabaissé au quotidien parce que ce n’est qu’un "gamin", il prend sa revanche et se révèle être une véritable rockstar durant cette séquence à la fois drôle et épique. C’est d’ailleurs sa transformation qui sauvera toute la population de Bikini Bottom. Son insouciance, sa fantaisie et son côté enfantin vont lui permettre de gagner face à Plankton, donnant une belle leçon de vie aux citoyens et à son entourage. La séquence est hilarante, et la chanson reflète à merveille l’esprit décalé du film et conclut de manière originale l’intrigue (dans la version américaine interprétée par Jim Wise ci-dessous).

 

 

 

Rideau

Au fil des épisodes, Ne m’oublie pas vous aura emmenés là où la musique prend le relais des dialogues. Là où une simple chanson suffit à faire exister un monde, un souvenir, ou un battement de cœur. On aura croisé la mélancolie, l’amour, l’espoir, l’humour, la joie. On aura entendu des airs oubliés, des refrains discrets, des musiques qu’on n’avait pas écoutées depuis trop longtemps.

La collection s’achève ici. Et peut-être qu’un jour, en revoyant un film… vous retrouverez ces chansons qu’on croyait secondaires, et qui auraient, elles aussi, mérité leur place ici.

Merci d’avoir tendu l’oreille. À bientôt pour de nouvelles chroniques, dans un nouvel univers.

 

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