La manipulation de l’opinion : un sujet abordé à hauteur d’enfant

Publié le 28 novembre 2025 par Joseph
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ThémaKid
L’animation au service de la transmission et de la pédagogie

A l’heure des réseaux sociaux et de l’IA, il devient de plus en plus difficile de différencier le vrai du faux. Face à l’excès d’informations, certains utilisateurs se font le relais (volontairement ou non) de contre-vérités, voire de mensonges purs et simples. Il convient donc de sensibiliser le public aux dérives qui touchent notre société, où la vérité est parfois relativisée au profit d’une haine de l’autre particulièrement nuisible au lien social et à la liberté de penser.

 

Comment aborder auprès d’un jeune public la manipulation de l’opinion ? De la propagande des totalitarismes du XXᵉ siècle aux fake news d’aujourd’hui, l’animation s’est souvent confrontée à ce sujet particulièrement épineux.

Mais avant de nous plonger dans ce sujet, il convient de rappeler ce qu’est un film de propagande: une œuvre conçue pour diffuser un message politique ou idéologique et orienter l’opinion du public. Ce type de production a connu un véritable essor au XXᵉ siècle, en particulier durant les guerres mondiales et la Guerre froide, périodes où le cinéma était utilisé pour soutenir un régime ou en dénoncer un autre, souvent en raison d'un effort de guerre. Aujourd’hui, ces films sont bien plus rares, mais la question de la manipulation de l’opinion demeure : elle n’est plus un outil de persuasion, mais devient au contraire une thématique explorée parfois dans certains films d’animation, afin d’aider les enfants à développer leur esprit critique.

 

Daffy le héros - Friz Freleng - 1943

 

Der Fuehrer’s Face

En 1943, les studios Disney diffusent un court-métrage de propagande antinazie, qui met directement en scène Donald Duck sous le IIIᵉ Reich. Plein d’humour, le court-métrage délivre pourtant un message très fort. Il montre en effet que la guerre ne se joue pas uniquement sur le front, mais aussi dans les esprits.

Décortiquant savamment les ressorts de la propagande totalitaire, le court-métrage montre ainsi comment le pouvoir nazi prive sa population de la liberté de penser. Ainsi, Donald est privé de toute intimité, des bras et des voix anonymes lui imposant sa conduite jusque chez lui. Tandis qu’il vit dans un monde fait d’illusions (l’unique grain de café sans cesse réutilisé, l’odeur des œufs au bacon faute de pouvoir en manger, etc.), le seul livre qu’il ait le droit de lire est Mein Kampf.

Cette unique vérité est imposée à Donald jusque dans son travail, où des haut-parleurs le pressent de chanter la gloire du Führer, au rythme des paroles très ironiques de la chanson, qui soulignent l’écart entre les mensonges du Führer et la réalité. Même les congés payés annoncés avec fierté n’en sont pas, prenant l’apparence d’une simple toile sur le mur.

 

Der Fuehrer's Face - Jack Kinney, Ben Sharpsteen - 1942

 

Ainsi, Der Fuehrer’s Face illustre avec beaucoup d’efficacité les mécanismes d’une propagande qui empêche la population de penser, en imposant la vérité du parti par la répétition et l’épuisement des personnes. La vérité est alors effacée pour ne plus créer qu’un monde d’apparences… Malgré l’horreur de la réalité montrée dans le court-métrage, ce dernier a recours à un humour qui le rend relativement accessible à un jeune public.

Toutefois, la connaissance du contexte de la Seconde Guerre mondiale et des horreurs du nazisme paraît essentielle pour bien percevoir le fond de ce film. C’est la raison pour laquelle on conseille aux parents d’éviter de le montrer avant la fin du primaire (la mémoire de la Shoah étant abordée à cette période de la scolarité), leurs enfants risquant de ne pas avoir toutes les clés pour comprendre correctement le message du court-métrage.

 

Der Fuehrer's Face - Jack Kinney, Ben Sharpsteen - 1942

 

La Ferme des animaux

Il est difficile de ne pas faire le parallèle entre Der Fuehrer’s Face et La Ferme des animaux. Le court-métrage des studios Disney illustrait avec beaucoup d’humour et de pertinence comment le nazisme s’ingénie à manipuler l’opinion pour supprimer toute liberté de penser au sein de la population. Arrivé onze ans après, le film de John Halas et Joy Batchelor, inspiré du célèbre roman de George Orwell, s’attaque au communisme.

À la suite d’Orwell, ce film d’animation britannique imagine la manière dont les animaux d’une ferme se rebellent contre la maltraitance de leur fermier et prennent possession de la ferme. Sous couvert d’égalité, les cochons prennent le pouvoir sur les autres animaux, perpétuant les erreurs des humains… Plus qu’un film à charge contre le communisme, La Ferme des animaux est un pamphlet assez universel contre toute forme de dérive autoritaire issue d’une révolution aux apparences démocratiques. Car à l’issue de cette révolution chassant toute présence humaine de la ferme, il s’agit bien d’établir une égalité totale entre tous les animaux. Les lois essentielles à ce régime d’égalité sont même inscrites sur le mur de la ferme, telles les tables de la loi de Moïse.

Avec une lucidité qui effraie encore plus vue d’aujourd’hui, le récit d’Orwell retranscrit par Halas et Batchelor met au cœur du film la falsification de la vérité. Ainsi, on voit comment l’histoire commune est réécrite par le cochon César lorsqu’il fait croire aux autres animaux que leur précédent chef, Boule de Suif, était un traître et qu’il avait toujours été leur ennemi.

 

La ferme des animaux image 4
La Ferme des Animaux - John Halas, Joy Batchelor - 1954

 

Le récit nous montre bien ici avec quelle facilité un mensonge peut être gobé par une population entière, dès lors que celui qui le dit se place en protecteur du peuple et de ses intérêts. C’était déjà le cas de Boule de Suif, c’est à nouveau le cas de César qui, comme son prédécesseur, dérivera vers la dictature à son tour. Le langage et l’éloquence deviennent alors les instruments d’une manipulation de l’opinion visant à faire croire à tous les animaux que ce pouvoir autoritaire qui se met en place agit pour le bien commun. Endormi par un si beau discours, le peuple animal ne réalise alors pas que chacune des lois issues de la révolution initiale et validée par tous est bafouée par les membres de la caste dirigeante, aboutissant à l’infamie suprême, la célèbre formule : « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que les autres ». Témoin d’un optimisme salvateur, le final de La Ferme des animaux nous montre toutefois la prise de conscience d’un peuple qui, après tant d’humiliations, finit par réaliser toute la malhonnêteté et l’hypocrisie de ceux qui avaient su tourner habilement l’opinion en leur faveur, non par la conviction, mais par la ruse et la manipulation.

Véritable brûlot politique contre toute forme de dérive autoritaire, La Ferme des animaux a en outre l’avantage d’être assez facilement accessible, les réalisateurs ayant soigneusement veillé à ne pas rendre leur film trop violent. Il n’en reste pas moins qu’une certaine maturité sera nécessaire pour bien cerner le discours sous-jacent du récit et pour ne pas s’ennuyer d’une voix off peut-être un peu trop présente. Des parents pourront choisir de le montrer à des enfants de 9-10 ans, en profitant après d’une discussion qui ne pourra qu’être particulièrement riche.

 

La ferme des animaux image 2
La Ferme des Animaux - John Halas, Joy Batchelor - 1954

 

Le grand avantage de La Ferme des animaux est l’universalité de son propos. Ainsi, ce serait une erreur de croire qu’il ne dépeint que les totalitarismes du XXᵉ siècle : le film invite à réfléchir plus largement aux mécanismes de pouvoir et aux risques d’abus qui peuvent exister dans toute organisation collective. À une époque où les notions de vérité, de manipulation et de responsabilité politique sont souvent débattues, il peut être intéressant d’aborder ces questions avec un jeune public. La révolte animale du début du film brandissait des idéaux apparemment démocratiques ; elle a pourtant donné naissance aux pires inégalités. Cela permet d’interroger, avec prudence, la manière dont la vigilance citoyenne et l’éducation contribuent à préserver les valeurs démocratiques dans lesquelles nous grandissons.

Il existe évidemment de nombreux autres films d’animation de propagande qui auraient pu être cités dans cette chronique, notamment ceux produits pendant la Seconde Guerre mondiale. Les studios américains ont ainsi réalisé plusieurs courts-métrages destinés à unir la population face à la menace ennemie, créée pour instruire les soldats tout en renforçant leur moral. D’autres productions visaient à valoriser l’effort de guerre ou la supériorité nationale. Des œuvres qui avaient pour objectif de soutenir l’effort national dans un contexte de conflit mondial. Mais ce qui nous intéresse ici n’est pas tant leur dimension historique que le pont qui relie ces films ouvertement propagandistes aux œuvres contemporaines, où la question du véritable libre-arbitre devient une thématique à part entière.

 

La ferme des animaux image 3
La Ferme des Animaux - John Halas, Joy Batchelor - 1954

 

Zootopie

Les films de propagande sont aujourd’hui beaucoup plus rares : le public contemporain dispose d’un regard critique plus développé, et le cinéma d’animation se sert désormais de la manipulation de l’opinion non plus comme outil, mais comme thématique à analyser et à dénoncer. C’est pourquoi certains films modernes abordent ce sujet de manière accessible pour un jeune public, en montrant comment les préjugés, les stéréotypes ou les discours biaisés peuvent influencer une société. Des œuvres récentes permettent ainsi d’explorer ce thème avec une grande pertinence, même s’il ne s’agit pas toujours de leur thématique centrale.

 

Zootopie image 1
Zootopie - Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush - 2016

 

Si Zootopie est avant tout une fable animalière prônant le respect et l’inclusion des différences, il porte aussi en lui un discours sous-jacent qui mérite toute notre attention. Le 55ᵉ Classique d’animation des studios Disney met en scène une société animalière, qui n’est pas sans évoquer une fable de La Fontaine moderne, tant il épingle avec beaucoup de justesse et d’humour les travers de notre société. Ainsi, le grand méchant du film joue des stéréotypes de la population pour tourner l’opinion publique contre un bouc émissaire : les prédateurs. En effet, de nombreux animaux de la ville retournent à l’état sauvage sans qu’on sache pourquoi. Le point commun ? Tous sont des prédateurs… Cela alimente le stéréotype qui domine chez les non-prédateurs : celui qu’au fond, il est impossible de faire confiance aux prédateurs. Un stéréotype qui aura forgé toute la vie de Nick, dont on découvre dans un flashback poignant qu’enfant, il a été rejeté des scouts sur la seule base de son appartenance à une espèce anciennement prédatrice. Même la lapine Judy a un réflexe d’autodéfense malheureux qui révèle que, malgré ce dont elle veut se persuader, une part d’elle craint le renard avec lequel elle travaille.

Une des scènes les plus passionnantes de Zootopie est sans conteste celle de la conférence de presse, où Judy annonce face caméra les conclusions provisoires de son enquête. Elle dit sans méfiance aux journalistes que le point commun entre tous les animaux retournés à l’état sauvage est qu’ils sont tous des prédateurs. À la question d’un journaliste lui demandant si elle affirme qu’il y a donc une base génétique chez ces animaux devenant sauvages, Judy répond naïvement que c’est possible… Et voilà une hypothèse qu’aucune expérience n’étaye qui devient dans les médias (et donc dans l’opinion populaire) une vérité absolue. Dans le contexte du film, les médias se font ainsi le porte-parole d’une contre-vérité, d’un discours stigmatisant qui propage la haine et la méfiance au sein de la population, obéissant au plan de l’antagoniste du film : unir 90 % de la population contre un ennemi commun, contre une minorité sociale. La manière dont Zootopie illustre la caisse de résonance que peuvent trouver nos préjugés dans les médias est glaçante de vérité.

 

Zootopie - Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush - 2016

 

L’analyse sociale de Zootopie ne s’arrête pas là : le début du film à Lapinville nous montre une discussion entre Judy enfant et ses parents. Ces derniers essayent, sans hostilité, d’étouffer les rêves de Judy en constatant qu’elle veut choisir de faire un métier où il y a du danger. Dans l’esprit des parents, être policier, c’est s’exposer à une vie de risques, et cela s’oppose à la vision traditionnelle qu’ils ont des lapins. De manière sous-jacente, le film nous montre ainsi que si les préjugés ont la dent si dure, cela peut aussi être dû à la passivité d’une partie de la population. Sans accuser les parents de Judy, le film de Byron Howard et Rich Moore nous fait comprendre subtilement qu’il revient à tout un chacun de s’élever activement contre les stéréotypes et les discours stigmatisants, car l’inaction revient à se faire le complice involontaire de tels discours.

Leçon particulièrement forte délivrée par un film d’une rare intelligence, qu’on ne montrera qu’avec le plus grand des profits à un jeune public. Si le film s’amuse à adopter les codes cinématographiques de films « d’adultes » (thrillers, films de mafia, films noirs), il parvient avec un art consommé à mettre son intrigue et sa réflexion à hauteur d’enfant, sans jamais simplifier ses enjeux et avec beaucoup de pédagogie. C’est la raison pour laquelle on conseillera ce film à partir de 8 ou 9 ans, mais probablement pas avant, certaines scènes pouvant tout de même effrayer un public plus jeune.

 

Zootopie image 3
Zootopie - Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush - 2016

 

Les Indestructibles 2

Dans cette suite à l’extraordinaire classique de Brad Bird, le réalisateur met en scène sa célèbre famille de super-héros face aux difficultés d’exister dans un monde où le pouvoir les rejette. C’est ce qui pousse le millionnaire idéaliste Winston Deavour à contacter les super-héros en leur disant avoir trouvé le moyen de modifier l’opinion publique à leur sujet. Ici, la manipulation de l’opinion publique est assumée, mais dans un sens positif : « Il faut changer la perception des gens sur les super-héros ! » clame haut et fort Winston. Il s’appuiera dans ce but sur la technologie, en utilisant les mêmes outils que les journalistes : les caméras ! C’est ce qui permettra, selon le millionnaire, de montrer la vérité entière aux gens, et non de manière tronquée comme le font les médias.

 

Les Indestructibles 2 - Brad Bird - 2018

 

Mais comment changer l’opinion publique ? En s’appuyant sur les préoccupations sociales de l’époque ! Winston Deavour a compris que les questions d’égalité entre les femmes et les hommes occupent une place importante aux yeux du public : c’est pourquoi il choisit de mettre en avant Elastigirl plutôt que M. Indestructible. Si le sexisme ordinaire de M. Indestructible s’efface bien vite devant l’évidence que sa femme ne fera pas un plus mauvais travail que lui, le réalisateur et scénariste Brad Bird illustre à merveille, sans discours démagogique, comment une cause juste et noble peut être déviée pour des raisons purement hypocrites. Même si l’on ne doute pas des bonnes intentions de Deavour, les moyens employés semblent trop commerciaux pour être honnêtes. Le féminisme dont il fait preuve semble se réduire avant tout à un argument marketing pratique pour toucher l’opinion, d’une manière similaire à celle qu’emploierait n’importe quel publicitaire…

Même Elastigirl et son mari semblent céder à ces sirènes faussement féministes qui endorment leur méfiance. Cela renvoie à une tirade d’Evelyn Deavour sur son frère qui survient plus tard dans le film, lorsqu’elle dit à Elastigirl : « Mon frère sait ce que veulent les gens. […] C’est la facilité. Tant pis si c’est de la camelote. Du moment que c’est pratique… »

En analysant ainsi les pratiques commerciales de son frère, Evelyn Deavour dénonce ici une forme de complicité inconsciente entre ceux qui manipulent l’opinion et les gens, qui sont eux-mêmes manipulés sans s’en rendre compte… ou sans vouloir s’en rendre compte.

 

Les Indestructibles 2 - Brad Bird - 2018

C’est d’ailleurs ce que dénonce l’Hypnotiseur lui-même, l’antagoniste du récit, en milieu de film, lorsqu’il explique que la télévision abreuve les gens d’un faux sentiment de sécurité. Il les accuse de « vivre par procuration », de se contenter de regarder les autres agir tout en restant eux-mêmes assis bien confortablement au fond de leur canapé. Typique de ce que les Anglo-Saxons désignent parfois sous le terme de « villain with a point » (un méchant dont le constat peut être juste… mais dont les méthodes sont inacceptables), il est assez difficile de contredire ce discours, qui semble corroborer le propos du film. Le film exprime dans ce passage que la liberté permise par la télévision n’est qu’une illusion, qui permettrait au système de mieux manipuler les esprits par le confort et l’inaction. Les gens deviennent ainsi des pions qui ne pensent plus par eux-mêmes. On retrouve là exactement le même processus de lavage de cerveau que celui pratiqué dans les dictatures mentionnées en début de chronique.

 

Les Indestructibles 2 - Brad Bird - 2018

 

Est-ce à dire que l’Hypnotiseur a raison ? Sur ce point, peut-être que oui. Mais le hic vient de sa méthode : il impose son point de vue par un lavage de cerveau exactement équivalent à celui qu’il dénonce. L’Hypnotiseur prive à son tour les gens de liberté pour leur faire exprimer ce que lui pense, et même plus précisément ce que lui veut que les gens pensent… Ainsi, Brad Bird renvoie intelligemment les deux extrêmes dos à dos. Il nous montre, sans jamais forcer le trait, que le spectateur ne doit jamais perdre son recul et son sens critique sur ce qu’il regarde. Mais en même temps, il faut veiller à ne pas tomber dans l’excès inverse et ne pas imposer aux autres sa propre pensée. Il faut trouver l’entre-deux entre Winston Deavour qui souhaite manipuler l’opinion à des fins a priori justes et l’Hypnotiseur, qui souhaite « utiliser la technologie pour détruire la foi que les gens ont en elle ».

Sur ce thème, Les Indestructibles 2 se présente comme un véritable brûlot contre un système politico-médiatique qui pousse les gens à ne plus penser par eux-mêmes. Le film décortique avec une pertinence rare la manière dont un système peut priver les gens de leur libre-arbitre et de leur réflexion, même quand ce système a toutes les apparences de la liberté. C’est sans doute là que Les Indestructibles 2 se révèle le plus pertinent et, comme Zootopie, il arrive à rendre sa réflexion complexe étonnamment accessible à un jeune public. Là encore, le film peut se voir à partir de 8 ans, et permettre à un enfant de cerner avec clarté les problématiques autour du libre-arbitre et de la liberté de pensée que beaucoup d’œuvres essayent de mettre en avant, mais rarement avec le même génie que Les Indestructibles 2.

 

Les Indestructibles 2 - Brad Bird - 2018

 

Grandir avec le sens du discernement

Ainsi, des totalitarismes du XXᵉ siècle à nos régimes démocratiques actuels, la manipulation de l’opinion semble être toujours présente, sous une forme ou une autre. Si George Orwell démontra avec beaucoup de lucidité le mécanisme des régimes autoritaires, il est difficile aujourd’hui de ne pas le compléter avec les textes du non moins génial Aldous Huxley. Dans sa préface de 1946 à son célèbre roman Le Meilleur des mondes, Huxley avertissait qu’« il n’y a aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. » Selon lui, les « totalitarismes nouveaux » pourraient entretenir l’illusion de la liberté afin d’exercer leur contrôle de manière plus subtile, sans que les populations en aient pleinement conscience. Si nous n’en sommes pas encore rendus là, il s’agit de garder à l’esprit que la liberté n’est jamais totalement gagnée. C’est tout le mérite de ces différents films d’illustrer le fait que s’il faut mener un véritable combat pour gagner la liberté, il faut mener un combat tout aussi ardent pour la conserver. Que nos enfants en soient conscients dès leur plus jeune âge, et ce à l’aide du cinéma, ne pourra que servir ce combat pour la liberté de conscience et la liberté d’opinion dont ils seront, demain, les acteurs principaux.

 

Superman - Les Saboteurs - Dave Fleischer, Seymour Kneitel, Myron Waldman - 1942

 

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