Panique au village

Long métrage
Cinéma

Panique au village

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

Panique au village

Durée

74 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

Belgique : sortie le
France : sortie le
Luxembourg : date de sortie non communiquée

Réalisation

Stéphane Aubier
Vincent Patar

Société de production

La Parti Production
Made in Productions
Mélusine Productions
Beast Productions
Radio Télévision Belge Francophone (RTBF)
Gebeka Films
Les Films du Grognon
Canal+ Horizons
Canal+
Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Fonds National de Soutien à la Production Audiovisuelle du Luxembourg
Région Wallone
Tax Shelter du Gouvernement Fédéral Belge
Vlaams Audiovisueel Fonds
Wallimage

Distinction

Valois de la mise en scène à la 2e édition du Festival du film francophone d'Angoulême (2009)

Synopsis

Co-Boy et Indien sont des professionnels de la catastrophe. Dès qu'ils ont un projet, le chaos sort de sa boîte. Cette fois, ils veulent souhaiter un joyeux anniversaire à Cheval. Quel cadeau ? Un barbecue à faire soi-même ! Belle idée, sauf que la commande dérape, et que Co-Boy et Indien se font livrer un milliard de briques ! Ce n'est plus un anniversaire, c'est un tsunami ! La maison de Cheval disparaît sous les briques, écrasée.

Critique

Honorable

Panique au Village est un film d'animation en volume belge réalisé par Stéphane Aubier et Vincent Patar, sorti en 2009. Adapté de la série éponyme diffusée sur Canal+ en 2002, le film est produit par la société belge La Parti Production. Il est salué pour son humour absurde et son animation atypique, avec des musiques signées par Dionysos, French Cowboy et Be Plouvier. Les deux cinéastes prêtent leur voix aux deux protagonistes aux côtés de grandes figures du cinéma francophone comme Benoît Poelvoorde ou Jeanne Balibar, ainsi que de personnalités de la télévision belge comme Frédéric Jannin. Panique au Village raconte l'histoire déjantée de Cowboy et Indien qui souhaitent fêter l'anniversaire de Cheval. Pour cela, ils commandent 50 briques pour fabriquer un barbecue soi-même sur Internet, mais, par erreur, en commanderont 50 millions.  

 

Panique au village image 1

 

Les points forts


Panique au Village est un immense terrain de jeu pour adultes. En prenant des jouets pour enfants en plastique comme base esthétique de toute l'œuvre, le film adopte volontairement une direction absurde et déjantée. Les objectifs de ses personnages sont alimentés par des activités du quotidien plutôt immatures comme fêter un anniversaire ou fabriquer un barbecue, soulignant leur caractère enfantin malgré leurs voix et leur langage, eux, beaucoup plus matures. Un décalage très amusant. C'est aussi par une grande audace que le film se permet d'adopter une esthétique très artisanale. Effectivement, les cinéastes n'ont pas froid aux yeux : ils proposent non seulement une adaptation de leur série de courts métrages en long métrage malgré le temps de travail que cela représente, mais mettent aussi en avant un style complètement aux antipodes du style dominant. On parle ici d'une animation avec des jouets en plastique très rigides, difficiles à manier, dans des décors trop grands et sur lesquels nous voyons très souvent les défauts. Toutefois, ces petits détails en font une grande force esthétique, originale et assumée, qui est également en phase avec la tonalité du film dans sa globalité. Là où Pixar avait choisi d'animer en 3D ses jouets dans la chambre d'un enfant dans Toy Story, ici, ils sont animés comme tels, comme les jouets le sont réellement, avec leur socle, des mouvements réduits et des situations complètement exagérées où se joue un humour absurde efficace. Rien que dans la présence d'une colocation entre un cheval, un Indien et un Cowboy, cela donne l'impression qu'un adulte est en train de jouer avec eux. Ce fameux terrain de jeu pour adultes. Même jusqu'au son, avec une absence volontaire d'ambiance sonore, seulement des bruitages aussi exagérés que le reste. Panique au Village, c'est aussi un mélange touchant et improbable de culture populaire belge, porté par de grandes inspirations de la bande dessinée franco-belge, par un rythme hystérique et criard teinté de couleurs et de décors rappelant des univers surréalistes à la Magritte, mais agrémenté d'une touche punk efficace.

 

 

Les points faibles


Évidemment, même si la question de la fidélité à la série de base ne se pose plus, il est important de souligner que le film, pour un long métrage, ne va pas tant en profondeur dans ses idées. Il se contente d'enchaîner une série de sketches absurdes et surréalistes, certes drôles, mais qui ne vont pas plus loin que de faire rire. Si satire il y a, elle reste superficielle. Le film aurait très bien pu être séparé en plusieurs épisodes... l'intensité n'en aurait pas pâti. De plus, il y a un certain creux au début de la seconde moitié du film. Les sketches ne semblent pas parvenir à être aussi drôles que les précédents. Et peut-être par manque de surprise : là où le début nous faisait encore rire pour l'absurdité du choix des personnages et leur manière très rigide de se déplacer (avec des actions très imprévisibles), la suite ne sera plus que du comique de situation moins inspiré. 

 

 

En conclusion


Panique au Village, bien qu'il soit difficile de passer à côté des défauts concernant la paresse dans l'écriture et la profondeur de l'œuvre, reste un film qui réussit à rester fidèle à sa série d'origine dans son humour et sa folie, tout en imposant son originalité audacieuse face au cinéma d'animation grand public dominant. Le film participera d'ailleurs hors compétition au Festival de Cannes 2009 et sera nommé aux Césars du meilleur film étranger en 2010.  

 

Panique au village

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version française

Production

Distributeur

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