Critique : Moi, moche et méchant 4

Moi moche et méchant 4

Critique : Moi, moche et méchant 4

(3/5)

Honorable

Moi, moche et méchant 4, réalisé par Chris Renaud et Patrick Delage, est le quatrième volet d’une franchise massivement populaire produite par Illumination Entertainment. Il s’inscrit encore dans le registre de la comédie familiale d’espionnage. L’intrigue voit Gru affronter un nouvel ennemi tandis qu’une menace contraint sa famille à changer d’identité et à se cacher. En parallèle, l’arrivée de Gru Junior promet de rebattre les cartes au sein du foyer.

 

 

Les points forts


Malgré une évidente impression de réchauffé, le film parvient à maintenir l’attention grâce à un rythme efficace et une dynamique générale toujours aussi gratifiante. L’enchaînement des situations est fluide et l’ensemble conserve une énergie qui empêche la lassitude immédiate. Les personnages restent sympathiques et immédiatement identifiables, ce qui permet au spectateur d’adhérer sans effort à ce nouvel épisode. L’humour fonctionne encore globalement, même si les Minions ont largement perdu leur effet de surprise et agissent désormais plus comme une mécanique intégrée que comme une véritable source de fraîcheur comique. Le film maîtrise parfaitement son tempo et son efficacité de divertissement, ce qui explique qu’il reste regardable malgré un manque flagrant de nouveauté.

 

 

Les points faibles


La production donne pourtant l’impression très nette d’un épisode de trop. Après trois films canoniques, deux spin-off centrés sur les Minions, plusieurs courts métrages et un nouvel opus déjà programmé, la franchise semble étirée jusqu’à l’absurde. Le studio a pourtant démontré sa capacité à se renouveler avec des adaptations réussies des œuvres de Dr. Seuss (Le Grinch) ou avec son partenariat marquant avec Nintendo (Super Mario Bros. le film), ce qui rend ce retour si frileux d’autant plus frustrant. Ce quatrième chapitre apparaît avant tout comme un produit né d’une logique strictement économique, destiné à capitaliser sur un nom qui fait vendre plutôt qu’à raconter une histoire justifiée. Narrativement, le scénario recycle sans vergogne les anciens schémas : même structure, mêmes ressorts, mêmes dynamiques de conflit. Gru Junior, censé incarner la nouveauté, reste plat, insignifiant, et ne parvient ni à émouvoir ni à marquer par sa personnalité. Le nouveau méchant est d’une fadeur rare, sans charisme ni impact, et les personnages introduits dans les volets précédents, Lucy en tête, continuent de servir de simples éléments décoratifs.

À cela s’ajoute une stagnation technique préoccupante : l’animation est propre et fluide, mais n’évolue plus. Le saut technologique observé d’un épisode à l’autre a disparu, remplacé par une production qui se repose clairement sur ses acquis. Aucune prise de risque visuelle, aucune ambition formelle, aucun dépassement. Le film se contente d’exister sans chercher à impressionner, comme si un plafond de verre avait été accepté sans résistance.

 

 

En conclusion


Le verdict reste mitigé, mais le film n’est pas catastrophique, loin de là. Il peine à faire avancer la saga, à enrichir ses personnages et à justifier son existence autrement que par des impératifs commerciaux. Il donne parfois le sentiment de prendre son public pour acquis, en reprenant les mêmes recettes sans véritable effort de renouvellement. L’accueil public reste solide, et l’efficacité comique de la franchise demeure appréciable. Ce quatrième volet ne mérite donc ni rejet violent ni éloge enthousiaste : il s’impose comme un divertissement honorable, mais dispensable, symptomatique d’une franchise qui peine désormais à se réinventer.

 

 

Avis rédigé par Guillaume le d'après une version française