Made in Abyss: L'aurore de l'âme

Long métrage
Streaming

Made in Abyss: L'aurore de l'âme

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Infos techniques

Titre original

Gekijouban Made in Abyss: Fukaki Tamashii no Reimei

Durée

113 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

Japon : sortie le

Réalisation

Masayuki Kojima

Société de production

AT-X
Cygames
Fukaki Tamashî no Reimei Production Committee
Global Solutions
Kadokawa Media House
Kadokawa
Kanetsu Investment
Kinema Citrus
Sony Music Solutions
Take Shobo Company

Synopsis

Suite à la guérison de Riko, le trio reprend la route et entreprend de descendre au niveau suivant, le cinquième, où les attend le redoutable Bondrewd.

Critique

Ordinaire

Made in Abyss : L’Aurore de l’Âme est un film d’animation japonais sorti en 2020 et réalisé par Masayuki Kojima pour donner suite à l’anime Made in Abyss, adapté du manga d’Akihito Tsukushi. Il s’agit d’une suite directe de la première saison de l’anime, ainsi qu’une adaptation de l’arc de Bondrewd spécifiquement (grand antagoniste du film).

Nous reprenons le récit avec Riko, Legu et Nanachi poursuivant leur descente dans l’Abysse jusqu’à atteindre le cinquième niveau, « la mer des cadavres », où se trouve Bondrewd, un redoutable sifflet blanc craint pour ses expériences cruelles sur les enfants. Dans sa base, il réside avec sa nouvelle fille, Prushka, toujours en quête de savoir et de puissance. Le petit groupe devra donc le confronter pour pouvoir accéder au sixième niveau et continuer leur aventure.

 

 

Les points forts


Made in Abyss : L’Aurore de l’Âme pose directement son ambiance glauque, là où l’anime avait pris son temps pour l’installer. Ici, le chara-design mignon des personnages se laisse parfaitement corrompre par l’horreur de l’histoire, offrant des images marquantes de corps meurtris et de personnages en souffrance, piégés dans l’isolement oppressant du cinquième niveau. Un huis clos à l’atmosphère lourde et malsaine, où des figures adorables se retrouvent brisées par un body horror glaçant, maîtrisé pour provoquer un vrai frisson.

L’animation 3D est utilisée de manière pertinente pour accentuer l’imposante présence de Bondrewd, renforçant ainsi son aura menaçante.

 

 

Les points faibles


Le film laisse perplexe, sa grande qualité reposant uniquement sur son esthétique malsaine. En réalité, il n’apporte rien de nouveau : il s’agit d’une simple suite directe de la première saison, sans effort pour replacer le contexte. L’histoire reprend brutalement là où s’était arrêté le dernier épisode, rendant impossible la compréhension pour un spectateur non familier avec l’univers. Une voix off apparaît brièvement avant le titre, mais elle disparaît aussitôt. Elle n’avait déjà pas d’impact notable dans l’anime. Dès le départ, le film souffre de faiblesses en termes de narration et de cohérence. Bien que la première partie autour de Bondrewd redresse un peu la barre, le film retombe dans ses travers en précipitant ses conclusions et en enchaînant les confrontations trop rapidement, sans laisser le temps de digérer ce qui se passe.

L’animation n’aide pas toujours : en dehors de l’intégration de la 3D, elle ne propose rien de plus que la série. Les flous de mouvement sont maladroits et saccadés, et la grande scène de combat finale devient illisible sous une surcharge d’effets visuels. Ce problème s’inscrit dans une série de choix artistiques discutables, notamment avec le design de Legu après sa recharge ou l’inclusion de moments au sous-texte discutable. L’intérêt injustifié pour la sexualisation de personnages infantiles devient bien plus envahissant que dans l’anime, avec des choix franchement douteux (comme le design de Prushka, les allusions inutiles à l’anatomie de Legu, ou encore tous les gestes obscènes). Ces éléments n’ont ni pertinence narrative ni valeur critique, ce qui rend leur présence encore plus dérangeante.

Pire encore, le film semble complaisant dans sa représentation de certaines thématiques. Made in Abyss a toujours flirté avec un rapport trouble à l’innocence, mais ici, une limite est franchie. Entre la mise en scène déplacée de personnages infantiles et des sous-entendus lourds sur des sujets tels que la pédophilie ou la zoophilie, on ne peut plus seulement parler de maladresse. Ces éléments ne servent qu’à nourrir une fascination malsaine sous couvert d’un univers cruel et "mature", et leur présence, de plus en plus marquée, soulève des questions sur les intentions de l’auteur.

 

 

En conclusion


Made in Abyss : L’Aurore de l’Âme est un film marquant qui sait capter l’essence oppressante de son univers, porté par une direction artistique soignée et un antagoniste fascinant. Son huis clos glauque et son body horror percutant offrent des images inoubliables où l’innocence des personnages se heurte à la cruauté de l’Abysse. Cependant, son écriture précipitée et son enchaînement frénétique d’affrontements nuisent à son impact narratif, tandis que son animation, bien que globalement efficace, tombe parfois dans l’excès, rendant certaines scènes confuses.

Mais ce qui pose réellement problème, c’est la manière dont certaines thématiques sensibles sont abordées. Si l’univers sombre et le propos cruel ont toujours fait partie de l’identité de Made in Abyss, ce film pousse l’exploration de ces éléments à un niveau qui interroge. Un traitement plus nuancé aurait sans doute permis d’éviter ces dérives moralement discutables, qui viennent entacher une œuvre autrement percutante. Néanmoins, le film a été relativement bien reçu par le public, qui le considère fidèle à son œuvre originale.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version française

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