Les aventures de Mark Twain
Les aventures de Mark Twain
Infos techniques du film d'animation "Les aventures de Mark Twain"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Les aventures de Mark Twain"
1910. Tom Sawyer, Huckleberry Finn et Becky Thatcher quittent la terre en compagnie de Mark Twain à bord de son dirigeable magique. Un incroyable voyage commence à travers le temps à la recherche de la comète de Halley.
Critique du film d'animation "Les aventures de Mark Twain"
Les Aventures de Mark Twain est un long métrage d'animation en volume indépendant américain réalisé par Will Vinton, sorti en 1985. Vinton, pionnier de la technique du « Claymation » avant la faillite de son studio, a su intégrer à son art des références architecturales pointues, notamment celles de l'architecte catalan Antoni Gaudí, grâce à sa formation initiale. C'est avec ce film que l'artisan de l'animation s'affirme véritablement. Sur une durée de création de trois ans, aidé d'une équipe de choix comme sa femme Susan Shadburne pour l'animation, Barry Bruce pour la conception des personnages ou encore Gary McRobert pour le développement d'un nouveau système de mouvement informatisé remplaçant les anciennes méthodes manuelles, Vinton raconte les aventures de Mark Twain. L'intrigue se construit donc à travers des scènes extraites des œuvres de l'écrivain américain, s'inspirant de la tentative réelle de l'auteur de rencontrer la comète de Halley, en compagnie de trois enfants à bord d'un dirigeable : Tom Sawyer, Huck Finn et Becky Thatcher.

Les points forts
L'animation est brillante dans sa technique. L'entièreté des décors et des personnages est en claymation et témoigne d'un travail minutieux, notamment au niveau du chara design et de la pluralité des designs : pas un seul personnage n'a le même visage qu'un autre. Les visages et les corps sont détaillés, tout comme les animaux, auxquels beaucoup de vie est apportée par des réactions et des expressions qui ne sont pas figées par de possibles contraintes techniques. Tout bouge, mute et évolue, même de manière irréaliste, pour forger un rêve vivant en pâte à modeler. Cela se voit dès l'entrée de jeu avec le livre de Mark Twain s'ouvrant pour laisser sortir des flots d'eau, changeant les stylos en poissons dans la séquence d'introduction. Mais le film ne se contente pas d'animer un personnage à la fois, il fait vivre tout un décor. L'animation est vivante sur tous les plans, avec des mutations et une facilité à transformer un décor en un autre ou un animal en un autre, en jouant pleinement de sa condition de claymation.
Sur le plan narratif, c'est une histoire fantastique qui emporte par sa magie. Le choix d'une histoire magique, même en dehors de la fiction (Mark Twain qui lie son histoire à celle de la comète de Halley, arrivée le même jour que sa naissance), se voit retransmis à la petite enfance par le regard de trois petits personnages curieux. C'est aussi un voyage didactique par un Mark Twain qui comble la curiosité des enfants innocents, auxquels le spectateur se rattache facilement. Que ce soit sur la science ou les études religieuses, comme la figure de Satan ou d'Adam et Ève, Les Aventures de Mark Twain ne cesse de surprendre à chaque segment.

Les points faibles
Malgré l'efficacité de la direction artistique, on note une animation très saccadée. Il peut être fatigant de regarder des mouvements très peu fluides sur la longueur, similaires à des sauts d'images. De plus, il y a un manque de texture sur le plan sonore : les bruitages et effets sonores sont très cartoonesques, mais il y a très peu d'ambiance sur le plan textural, à part quelques musiques. Le vide est comblé la plupart du temps par le narrateur, les dialogues ou les effets sonores. Visuellement, les incrustations du dirigeable ou des personnages sur des paysages ou des nuages sont souvent rudimentaires et assez laides ; on y voit nettement les coupures.
On peut aussi souligner un désavantage lié à des chara designs si détaillés qu'ils en deviennent déroutants, ou l'exemple de l'impact de la séquence des Enfers. Malgré sa dimension familiale, l'esthétique, les visages qui se tordent ou les situations peuvent marquer les plus jeunes. Les poupées, bien que remarquablement bien faites, peuvent être assez dérangeantes visuellement par la profondeur de leur texture au visage, leurs grandes mains ou leurs grands pieds. Ou encore, comme mentionné, la séquence des Enfers aux côtés de Satan, qui fait fondre toute une civilisation en argile. Une séquence ayant été mentionnée par plusieurs jeunes spectateurs (devenus adultes aujourd'hui) comme les ayant traumatisés dans leur enfance.

En conclusion
En dépit d’un accueil imprévu auprès de la jeunesse, lui accordant pourtant une classification G, et de grandes difficultés à se faire promouvoir dans les écoles ou à la télévision, Les Aventures de Mark Twain se présentera, d'après le critique de films d'animation Chris Solomon, comme le meilleur film d'animation des années 80, avec une grande ambition et un style pictural marquant sur des générations. Si bien que le film sera par ailleurs mentionné aussi pour le caractère trop traumatisant de son personnage Satan et de toute sa séquence de fin du monde qui suit.
