Jean le Vaillant

Long métrage
Streaming

Jean le Vaillant

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Infos techniques

Titre original

János vitéz

Durée

74 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

Hongrie : sortie le

Réalisation

Marcell Jankovics

Société de production

Pannónia Filmstúdió

Synopsis

Jean le Vaillant, le berger, est amoureux de la très belle orpheline, Iluska. Durant leur étreint dans sa cabane de roseaux, le troupeau se disperse et disparaît. Jean le Vaillant doit se cacher et partir à l'étranger pour fuir la colère du propriétaire. Il devient soldat, il combat sur les terres Tartares, en Pologne et en France où il se distingue dans les batailles contre les turcs. Riche et couvert de gloire, il rentre en Hongrie pour retrouver son amour. "Jean le vaillant" fut le tout premier long métrage d’animation réalisé en Hongrie. Il s’agit d’une commande officielle, destinée à commémorer le 150ème anniversaire de Sandor Petofi, poète national.

Critique

Honorable

Jean le Vaillant est un film d’animation hongrois sorti initialement en 1973 et réalisé par Marcell Jankovics, figure amplement reconnue dans la sphère du cinéma d’animation indépendant pour des œuvres telles que Le Fils de la Jument Blanche ou, plus récemment, La Tragédie de l’Homme. Produit par Pannonia Films, Jean le Vaillant est le tout premier long métrage d’animation hongrois. Il voit le jour à la suite d’une commande visant à commémorer le 150e anniversaire du poète national Sándor Petőfi, en adaptant son poème éponyme. À la fois film d’aventure et film romantique, Jean le Vaillant se centre autour de son héros, dont il porte le nom. Il conte les aventures extraordinaires d’un jeune berger ayant abandonné son village natal pour rejoindre une compagnie de hussards en direction de la France, afin de combattre les invasions turques, tout en s’inscrivant esthétiquement dans une lignée de films d’animation propre à l’ère hippie.

 

 

Les points forts


Jean le Vaillant est un bijou national qui résonne par ses multiples hommages à la culture hongroise et à l’époque dans laquelle il voit le jour. Né d’une commande destinée à commémorer une personnalité grandement aimée du pays, Sándor Petőfi, le film permet à Jankovics, qui, avec le temps, s’est forgé un nom grâce à des animations hors normes, de puiser dans l’Art nouveau, l’art décoratif magyar (hongrois), mais aussi dans l’esthétique psychédélique, alors grandement à la mode avec l’émergence du mouvement hippie, notamment popularisé par Yellow Submarine sorti en 1968. Jean le Vaillant devient ainsi à la fois un hommage et une renaissance d’un poème national d’antan, autant qu’une lettre d’amour à la culture hongroise, et même à une culture mondiale, en perpétuelle évolution. Jankovics n’hésite pas à appuyer sur des couleurs vives et à jouer avec des formes qui, malgré un caractère grossier, aucunement réaliste ou régulier, réussissent à conserver une douceur certaine. Cela passe par un refus d’utiliser des tracés droits ou des mouvements d’animation qui ne seraient pas suffisamment exagérés ou fluides. Ainsi, le film séduit par sa vivacité, son esthétique psychédélique, l’amour évident qu’il porte à ce qu’il raconte et qu’il partage avec le spectateur, ainsi que par sa dimension amusante, rendant chaque scène plus bluffante que la précédente.

 

 

Les points faibles


Jean le Vaillant, c’est aussi un certain manque de mise en contexte pour les spectateurs n’ayant aucune connaissance préalable du poème, de l’histoire ou de la culture évoquée dans le film. Même si le film se veut avant tout sensoriel et envoûtant par ses images et ses animations à couper le souffle, et que ces éléments suffisent en grande partie à porter l’expérience, il peut néanmoins perdre une partie de son public par un manque d’universalité. L’œuvre semble parfois se refermer sur un public essentiellement hongrois, s’appuyant uniquement sur l’esthétique hippie alors très en vogue à cette période pour toucher le reste du monde.

Concernant l’animation, bien que la direction artistique soit amplement maîtrisée, certaines scènes paraissent plus légères que d’autres. Notamment les scènes d’établissement des lieux, souvent assez figées, en contraste avec des scènes extrêmement chargées en informations visuelles, comme celles liées aux changements météorologiques, qui peuvent alors sembler trop lourdes. De plus, la représentation de certains personnages turcs apparaît parfois excessivement caricaturale, notamment à travers des traits physiques rappelant des iconographies racistes issues de l’Occident.

 

 

En conclusion


Jean le Vaillant est un ravissant hommage à la culture hongroise et une très charmante résurrection du poème éponyme de Sándor Petőfi. Le film reste accessible à tous grâce à une transmission des émotions essentiellement portée par l’image et une esthétique particulièrement forte. Néanmoins, tous les spectateurs ne saisiront pas l’ensemble des clins d’œil à la culture hongroise, ce qui rend les spectateurs hongrois bien plus susceptibles d’apprécier l’œuvre dans toute sa richesse qu’un public étranger.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version originale

Production

Distributeur