Critique : Versa
Critique : Versa
(3/5)
Versa est le premier court-métrage signé Malcon Pierce, aussi ambitieux qu’intime. Ce film profondément personnel met en scène la reconstruction d'un couple après la perte de leur premier enfant, à travers une fresque mêlant danse et musique. Malcon Pierce met alors l’accent sur une thématique peu abordée, et encore moins dans la filmographie de Disney : le deuil parental.
Visuellement, Versa séduit d’emblée par la cohérence de sa palette chromatique et la finesse de son animation. Chaque geste et chaque mouvement traduisent minutieusement l’indicible dans un récit muet. Le croisement des points de vue enrichit brillamment l’histoire, porté par une musique qui accompagne avec justesse les émotions traversées par les personnages sans pour autant les écraser. Les scènes dansées, quant à elles, condensent la puissance expressive du film. Mais cette ambition se heurte rapidement à la contrainte de la durée. En à peine huit minutes, Versa effleure sans pour autant explorer profondément la thématique vertigineuse qu’est celle du deuil. Le film donne l’impression de concentrer trop d’intentions, au risque de frustrer son spectateur. Le rythme est maîtrisé, certes, mais certaines pistes restent bien trop en suspens, et la conclusion, plus attendue, manque de puissance narrative.
L’introduction proposée par la plateforme Disney+ permet de mieux saisir les enjeux du projet. Malcon Pierce y éclaire ses intentions, et enrichit alors la lecture de son œuvre pour en dévoiler toute la dimension autobiographique. Reste une œuvre certes imparfaite, mais sincère, portée par une poésie touchante qui, malgré ses failles, émeut avec justesse.
