Critique : La forêt de mademoiselle Tang

La forêt de mademoiselle Tang

Critique : La forêt de mademoiselle Tang

(3/5)

Honorable

La Forêt de mademoiselle Tang est un moyen métrage français de 2024 réalisé par Denis Do, qui retrace cent cinquante ans de la destinée d’une famille installée à Shantou. Le récit parcourt plusieurs générations au fil des bouleversements sociaux et intimes qui façonnent leur histoire.

 

 

Les points forts


La minutie du travail visuel constitue l’atout le plus manifeste de l’œuvre. L’animation se distingue par une grande précision de mouvement et par une composition d’image toujours élégante et qui instaure une atmosphère feutrée en adéquation avec les ambitions intimistes du récit. L’esthétique, à la fois sobre et raffinée, témoigne d’un réel souci d’authenticité et d’un effort constant pour ancrer les personnages dans un cadre historique crédible.

 

 

Les points faibles


Le film peine pourtant à tirer parti de ses qualités formelles. Le récit n’a finalement que peu de choses à transmettre et s’enlise rapidement dans une succession d’événements qui ne parviennent ni à construire une véritable tension dramatique ni à susciter un attachement durable aux personnages. Le choix de la langue teochew, présenté comme un parti pris culturel fort, apparaît ici comme un geste particulièrement vain : la démarche, plus ostentatoire que significative, s’intègre mal à une narration déjà fragile et renforce l’impression d’un projet davantage conceptuel qu’expressif. L’ensemble souffre d’un rythme amorphe, laissant s’installer un ennui tenace qui rend la traversée du film étonnamment laborieuse.

 

 

En conclusion


Malgré une réalisation visuellement irréprochable, l’œuvre peine à s’imposer comme un récit véritablement marquant ou pleinement engageant. Le film souffre d’une narration trop effacée pour susciter une émotion durable, mais conserve un intérêt certain grâce à ses qualités esthétiques et à son ambition culturelle.

 

 

Avis rédigé par Guillaume le d'après une version originale