Heaven and Earth Magic

Long métrage
Festival

Heaven and Earth Magic

Long métrage
Festival

Infos techniques

Titre original

Heaven and Earth Magic

Durée

66 minutes

Date de projection en festival

(estimation)

Pays d'origine

États-Unis : date de sortie non communiquée

Réalisation

Harry Smith

Synopsis

Film de 1962

Une séquence d’images animées surréalistes en papier découpé, largement dépourvue de narration identifiable.

Critique

Ordinaire

Heaven and Earth Magic est un film d’animation d’avant-garde surréaliste conçu initialement en 1952, avant une sortie définitive en 1962, puis acquis en 1975 par le Centre Pompidou en France. Il s’agit d’un long métrage purement expérimental, fabriqué de toutes pièces, entre collages de photographies et animation par éléments découpés, par Harry Everett Smith.

Smith fut l’un des pionniers de l’avant-garde underground américaine, avec une activité plastique et cinématographique qui s’étendit des années 1950 jusqu’à sa mort en 1991. Pendant ces décennies, il a bâti un univers singulier fondé sur l’expérimentation : peinture, son et, bien sûr, animation, à travers une série de courts métrages et deux longs seulement, Heaven and Earth Magic et, en 1980, Mahagonny, projeté sur quatre écrans simultanément. Heaven and Earth Magic est donc le premier de ces deux longs métrages. C’est une série d’expérimentations animées surréalistes autour de situations plus ou moins abstraites.

 

 

Les points forts


Le film brille par son immense singularité. Sur un simple fond noir et à partir de quelques photographies découpées, Harry E. Smith parvient à créer et faire évoluer un monde totalement imprévisible. Nous sommes constamment surpris par des idées toutes plus farfelues les unes que les autres : ces séries d’animations nous amusent autant qu’elles nous font réfléchir, dissimulant symboles, personnages et formes propices à l’interprétation. Il manipule les visages, transforme les formes, agrandit certains personnages ou objets du quotidien pour en rapetisser d’autres, crée des meubles ou des créatures inédites à partir de collages. Sous nos yeux se déroule tout le processus de création surréaliste, où l’idée et l’objet fini se confondent presque dans le moment même de la conception : le personnage est créé sous nos yeux et prend vie à la seconde.

Smith ne s’arrête pas à l’image. Il compose aussi sa propre bande sonore. Comme pour les collages visuels, il bricole des sons du quotidien pour leur donner une nouvelle fonction. Par exemple, un bruit de porte sur un visage qui bouge, une sonnette d’école sur une explosion... C’est totalement détaché du réel, et pourtant étrangement proche.

 

 

Les points faibles


L’œuvre, bien que bluffante dans sa technique et sa conception, reste très abstraite dans ce qu’elle cherche à raconter ou à faire ressentir. Si certaines séquences relèvent du pur spectacle, une trame narrative se dessine malgré tout mais demeure difficile à saisir. On a parfois l’impression que l’artiste s’adresse à un public restreint et complice de ses farces, plus qu’à un spectateur venu découvrir un spectacle surréaliste nouveau. De plus, l’animation elle-même n’est pas des plus fluides. Elle regorge d’idées merveilleuses, mais reste très rudimentaire. Ce constat vaut aussi pour la bande sonore : la mise en scène auditive, composée de collages et de répétitions de cris ou de sons saturés, peut devenir fatigante à la longue.

 

En conclusion


Heaven and Earth Magic est une œuvre singulière et profondément surprenante. Le film figure d’ailleurs dans la liste des 1001 films à voir avant de mourir, sélectionnée par soixante-dix critiques internationaux sous la direction de Steven Schneider. Il influencera même la troupe d’humoristes britanniques Monty Python, notamment Terry Gilliam pour ses animations dans Monty Python’s Flying Circus, au point d’être considéré comme un précurseur. Cependant, hormis pour un public très restreint, le film demeure davantage une expérience visuelle et sonore qu’un récit véritablement accessible ou compréhensible.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version originale