Critique : Entre Ciel et Terre

Entre Ciel et Terre

Critique : Entre Ciel et Terre

(3/5)

Honorable

Entre Ciel et Terre est un programme de courts métrages à destination des tout-petits, parfaitement calibré avec ses 33 minutes. L’ensemble se montre accessible, doux et porté par une vraie attention à la poésie. La sélection est intelligente, portée par de jolis messages et une grande délicatesse. La variété des techniques, des tons et des ambiances en fait une porte d’entrée idéale pour une première expérience au cinéma.

 

 

Les points forts


Comme souvent dans ce type de programme, le meilleur côtoie l’ordinaire. Et certains courts métrages se distinguent clairement par leur qualité formelle. Premier envol, qui ouvre la séance, en est un bon exemple : une animation en volume simple mais soignée, des couleurs pastel, des oisillons irrésistibles et une touche d’humour qui donne immédiatement le ton.

Les segments les plus marquants sont sans doute les productions sud-coréennes. Soupe d’étoiles, avec ses personnages en feutrine adorables, déploie une poésie gourmande et délicate. C'est un petit bijou. Jour de pluie est, quant à lui, une véritable merveille : une sorte de haïku visuel d’une grande brièveté, capable d’émerveiller par la richesse de ses images et l’étrangeté fascinante de sa galerie d’animaux. Un condensé d’imaginaire qui évoque par moments l’univers de Hayao Miyazaki. Le petit monde de Tatarang propose une animation en feutrine découpée, enfantine et joyeuse, avec une identité graphique singulière. Enfin, Sauveurs d’étoiles constitue une autre belle surprise grâce à son univers onirique et sa douceur, qui glisse habilement vers une tonalité légèrement plus grave, un contraste pertinent pour capter l’attention des enfants.

 

 

Les points faibles


Côté défauts, deux courts métrages en animation numérique 2D viennent ternir l’ensemble. S’ils participent à la diversité des techniques, ils souffrent d’un manque flagrant de recherche et d’inspiration, d’autant plus visible face à la qualité des autres propositions. La chouette qui voulait dormir n’est pas mauvais en soi (l’histoire fonctionne et pourra faire rire les plus jeunes) mais son exécution est d’une facilité déconcertante, sans véritable ambition artistique. Le point le plus faible reste Des ailes pour un ami, qui clôt le programme de manière assez maladroite. Le montage est approximatif, l’histoire manque cruellement de relief et de structure, et l’animation, avec ses couleurs criardes et ses personnages peu soignés, peine à convaincre. Difficile de ne pas s’interroger devant une telle accumulation de faiblesses en si peu de temps. Le programme aurait sans doute gagné à inverser son ordre pour se terminer sur une note plus forte.

 

 

En conclusion


Au final, Entre Ciel et Terre reste un ensemble inégal mais globalement réussi. On retrouve ce mélange de propositions caractéristiques des programmes distribués par Les Films du Whippet. Cela dit, on sent une nette évolution qualitative : d’année en année, ces sélections semblent mieux pensées, plus cohérentes et portées par une véritable envie de découverte. Là où l’on pouvait autrefois avoir l’impression d’un assemblage de fonds de tiroirs, on perçoit aujourd’hui une direction artistique plus affirmée et un réel souci de proposer des œuvres singulières.

 

 

Avis rédigé par Guillaume le d'après une version française