Critique : You were so precious
Critique : You were so precious
(3/5)
You Were So Precious développe un univers métaphorique fascinant autour de la mémoire et de l'âme des objets oubliés. Miyoung Baek navigue constamment entre l'ombre et la lumière, la douceur et le surréalisme, le concret et le rêve, avec une esthétique d'une grande beauté. Cette richesse visuelle s'accompagne toutefois d'une narration particulièrement opaque : les changements de temporalité brouillent régulièrement la compréhension, tandis que certaines figures, à commencer par les deux lapins, apparaissent sans que leur fonction soit véritablement perceptible. La poésie se transforme parfois en hermétisme et l'on ne comprend pas toujours ce que l'on regarde ni ce que la réalisatrice cherche précisément à raconter. Une expérience davantage sensorielle que narrative, frustrante par son opacité mais suffisamment belle et singulière pour conserver son pouvoir de fascination.
