Pointes et contrepointes
Pointes et contrepointes
Infos techniques du film d'animation "Pointes et contrepointes"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Pointes et contrepointes"
À l'heure du coucher, un père lit à son fils une histoire sur le jeune Oblio, banni du royaume fantastique des têtes pointues et autres choses parce qu'il n'en a aucun sens.
Critique du film d'animation "Pointes et contrepointes"
Pointes et Contrepointes est un film d'animation en 2D sorti en 1971, réalisé par Fred Wolf à partir de l'album conceptuel The Point! de Harry Nilsson, qui demeure l'auteur de cette œuvre. Aux côtés de Ringo Starr, qui prête sa voix au narrateur dans la version vidéo (Dustin Hoffman ayant assuré ce rôle dans la version télévisée), Nilsson décrit, après avoir observé les pointes des arbres sous acide et conclu que « tout a une pointe », le récit d'Oblio. Ce petit garçon, né dans le village des Pointes où il est le seul à avoir la tête ronde, est exilé dans le monde des « non-pointes ». Il y rencontrera une série de personnages merveilleux qui, bien qu'aucune pointe ne soit visible sur eux, semblent en posséder une.

Les points forts
Le film est hypertexturé et stimulant, avec une animation non lisse et des couleurs vibrantes. Son aspect crayonné, tracé dans tous les sens, apporte beaucoup de matière à l'image. Lié à la grande imagination de l'univers créé de toutes pièces, on a vraiment l'impression d'être entré dans l'esprit du petit garçon qui écoute et boit l'histoire de son père. Le film ne semble s'accorder aucune limite stylistique, allant jusqu'à faire danser les lettres au vent ou les faire tomber comme de l'eau lorsque la musique chante. Tout est libre, offrant un côté cartoonesque très agréable, surtout quand le film joue avec les couleurs et les textures en changeant de matériaux et de couches (peinture, chutes de papier coloré, simple crayon de couleur). L'animation est fluide, amusante et créative. Cette imagination se retrouve aussi dans la caractérisation physique des personnages, comme le « Point Man » et ses multiples têtes, qui disposent même de leurs propres bruitages lorsqu'il se meut. Un bestiaire tout neuf accompagne de jolies musiques signées Harry Nilsson.
De plus, le film résonne par sa simplicité, convenant autant aux mélomanes qu'aux plus petits qui découvrent avec émerveillement un récit sur l'acceptation des différences. Ne reposant que sur la thématique de la « pointe » (avoir une pointe pour être accepté, une forêt de non-pointes où finalement tout le monde en possède une), la quête reste simple à suivre, porteuse d'un message agréable qui parlerait davantage aux jeunes se sentant reclus.

Les points faibles
Pointes et Contrepointes surprend par sa direction artistique aussi conceptuelle que son album d'origine, mais rebute par son flux de paroles constant. Bien que l'histoire soit simple et puisse tenir sur une ligne, les personnages ne cessent jamais de parler entre les séquences chantées. Il est important d'entendre ce que les personnages ont à offrir au héros, mais le film ne laisse jamais le temps au spectateur de profiter du décor ou de respirer, surtout compte tenu de la densité de son esthétique.

En conclusion
Désormais qualifié de « film obscur » en raison de son manque de référencement récent, Pointes et Contrepointes reste un événement pour la télévision états-unienne, ayant été le premier film d'animation diffusé en prime time dans le cadre des ABC Movie of the Week. Même s'il semble avoir été oublié, il demeure un très bon exemple sensible d'adaptation d'album conceptuel au cinéma, agissant également comme une marque dans le temps d'une période de la musique des années 70 où des auteurs comme Harry Nilsson ou Pink Floyd (pour en citer un autre exemple) cherchaient à raconter des récits complets à travers l'expérience d'un album entier. On pourrait alors se demander si l'ambition de transformer cela en film, en dehors de la richesse du produit fini, n'a pas cassé le concept même de l'album conceptuel.
