Critique : Conflit de canard
Critique : Conflit de canard
(3/5)
Incontournable de l'animation
Conflit de canard, deuxième volet de la fameuse trilogie de la chasse signée Chuck Jones, repose entièrement sur un jeu de langage ciselé et une mécanique comique parfaitement huilée entre trois figures emblématiques : Bugs, Daffy et Elmer. Le film pousse à son paroxysme la rivalité entre le canard et le lapin, enchaînant les dialogues absurdes et les retournements syntaxiques dans une joute verbale qui tient autant du théâtre de boulevard que de la farce linguistique. Daffy y est à la fois pathétique et hilarant, marionnette désespérée manipulée avec une aisance cruelle par un Bugs irrésistiblement rusé. Si l’animation et le doublage sont impeccables, la grande force du film tient à son écriture : Michael Maltese signe l’un de ses scripts les plus affûtés, où chaque réplique déclenche une réaction comique immédiate.
Néanmoins, malgré cette virtuosité, l’ensemble reste confiné à un schéma répétitif dont l’efficacité dépend surtout de la patience du spectateur face à l’accumulation de coups de fusil. Moins inventif visuellement que d’autres opus de la même époque, ce cartoon brille surtout par son intelligence verbale, un plaisir qui séduit autant qu’il peut lasser.
