Critique : Batman Ninja vs Yakuza League

Critique : Batman Ninja vs Yakuza League

(3/5)

Honorable

Sorti en 2025 et réalisé par Junpei Mizusaki et Shinji Takagi, Batman Ninja vs Yakuza League est un film américano-japonais d’action et de super-héros. Suite directe de Batman Ninja (2018), il replonge la Bat-famille dans une relecture débridée de l’univers DC, où Gotham voit apparaître dans son ciel une île géante dominée par une version dévoyée de la Justice League devenue Ligue des Yakuza.

 

 

Les points forts


Le film poursuit l’audace formelle du premier opus en fusionnant l’iconographie de Batman avec les codes du manga et de l’anime. Cette hybridation reste son principal atout. Visuellement, l’ensemble est spectaculaire : décors détaillés, compositions soignées, palette de couleurs intense, chaque plan semble pensé comme une illustration flamboyante. L’univers parallèle, excessif et baroque, assume pleinement son excentricité, et la transposition des figures de la Justice League dans cette esthétique yakuza constitue une idée stimulante. Certaines séquences au style vintage, dotées d’une identité affirmée, se révèlent particulièrement gratifiantes. L’audace créative demeure palpable, et le film offre un spectacle généreux, hors normes, qui se démarque nettement des productions super-héroïques plus conventionnelles. 

 

 

Les points faibles


L’effet de surprise qui faisait la force du premier film n’opère plus. La formule apparaît ici comme une redite, moins percutante et moins inventive. L’intrigue, toujours aussi tirée par les cheveux, accumule les excès, tempête de yakuzas, affrontement de mondes parallèles, sans véritable cohérence dramatique. La présentation des personnages se fait de manière mécanique, presque automatique, et l’ensemble manque d’intention narrative claire. Derrière le déluge visuel, le récit paraît en roue libre, privilégiant le spectaculaire au détriment du sens.

 

 

En conclusion


Batman Ninja vs Yakuza League reste une proposition singulière et visuellement impressionnante, mais souffre d’un manque de renouvellement et d’une narration trop chaotique pour convaincre pleinement. Spectacle atypique et généreux, il séduira les amateurs d’expériences hybrides, sans retrouver la fraîcheur ni l’impact du premier opus. Une suite honorable, mais moins marquante.

 

 

Avis rédigé par Guillaume le d'après une version française