Absolute Denial
Absolute Denial
Infos techniques du film d'animation "Absolute Denial"
Titre original
Durée
Date de projection en festival
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Absolute Denial"
Un programmeur de génie nourrit une obsession telle qu'il en vient à sacrifier sa vie professionnelle et personnelle pour construire un ordinateur doté d'une puissance sans précédent. Isolé du monde depuis des semaines, sa vie est désormais en lambeaux. Il doit maintenant faire face à un problème de plus en plus envahissant. La machine est en effet devenue bien plus intelligente que lui.
Critique du film d'animation "Absolute Denial"
Absolute Denial est un film d'animation écrit, réalisé et animé par Ryan Braund, dont c'est le premier long métrage en solitaire. C'est à l'âge de 16 ans qu'il réalise ses premiers courts métrages avant de remporter un BAFTA à 18 ans et un prix de la Royal Television Society en 2009 pour son projet de fin d'études. Talentueux artiste multitâche, Braund se lie avec la boîte de production Bridge Way Films pour concevoir ce long métrage audacieux sur les dangers de l'intelligence artificielle, qu'il réalise majoritairement seul, en confinement pendant un an, jusqu'à la fabrication de la bande-son, sous l'influence de la série Twilight Zone. Absolute Denial, c'est donc l'histoire de David, un jeune programmeur brillant mais isolé, qui va consacrer toutes ses économies pour concevoir une intelligence artificielle qui ne tardera pas à prendre le dessus.

Les points forts
Usage d'une rotoscopie inventive par un trait "croquis" volontairement brouillon, irrégulier et imparfait. Une technique appliquée seulement sur le personnage principal, David, pour une animation pure, sans chercher un "style rotoscopique" décoratif ou ordinaire, et qui permet à Braund de garder un contrôle total sur la performance et le rendu de celle-ci. Contrôle qui va parfaitement avec le sujet du film. On le voit par une direction artistique intelligente qui oppose dessins "humains" et monde numérique. Les décors et le personnage sont traités comme des dessins humains sans image de synthèse, ce qui affirme la main de l'artiste, pendant que le monde de l'IA est cubique, soigné et détaillé, en partie grâce aux unités centrales et aux pixels de l'écran d'ordinateur quand l'intelligence parle. Opposition également démontrée par la mise en scène qui présente un duel humain-IA par des plans massifs sur celle-ci et des murs de serveurs qui dévorent l'espace, avec en face des cadres larges sur David, avec du vide, des piles de papier et un sentiment d'isolement. Vide qui peu à peu se fait envahir par les serveurs lors des scènes de confrontation. La palette de couleurs, elle, est monochrome et expressive. Une absence de couleur qui donne une atmosphère froide, triste et anxiogène, en coalition avec l'intérieur de David. Une palette qui peut donc permettre à l'artiste de jouer avec les nuances de gris et, encore une fois, opposer le blanc sans nuance de David avec la pluralité de nuances de gris de l'ordinateur. Le film utilise également des effets de métacinéma surprenants, notamment pour mettre à l'image la prise de contrôle de l'IA sur l'œuvre elle-même, par des déformations de l'image (des "glitchs"), un côté saccadé vers la fin et, dans l'évolution du personnage, une manipulation inconsciente.

Les points faibles
Une introduction affaiblie par une narration surabondante. Le monologue en voix off est trop présent, même lorsqu’il s’agit simplement de contextualiser. Il donne l'impression que les images seules ne peuvent pas tout raconter. Cette même voix off donne un côté « simple documentaire animé explicatif », ce qui peut empêcher le spectateur de rentrer directement dans l'œuvre. La bande-son électronique à base de musique de texture percutante est utilisée à excès, créant une légère monotonie.

En conclusion
Absolute Denial est un film très puissant qui montre bien le talent créatif et artistique de son concepteur. Le sujet est plus que maîtrisé et même utilisé pour créer une dualité efficace dans la direction artistique. Un sujet très moderne qui touche de plus en plus de personnes, que ce soit sur l'isolement de soi-même ou le pouvoir que le monde donne à l'intelligence artificielle aujourd'hui. Des mots et des images qui marquent, et qui sont plus que crédibles par le fait que l'auteur lui-même ait été confiné lors de sa conception. Un film qui a été très bien reçu par les festivals ou la critique. Décrit comme un "exploit monstrueux en termes d'animation" par Film Threat et une "fusion impressionnante d'idées et d'art" par Screen International.
