Peter Pan

Court métrage
Vidéofilm

Peter Pan

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Infos techniques

Titre original

Peter Pan

Durée

46 minutes

Date de sortie en France

(estimation)

Pays d'origine

Australie : sortie le

Réalisation

David Cherkasskiy
Richard Trueblood

Société de production

Burbank Films Australia

Synopsis

Peter Pan emmène Wendy, John et Michael au Pays imaginaire pour vivre avec les Lost Boys et déjouer le stupide capitaine Jasper Hook et son équipage de trois pirates : Smee, Cecco et un grand homme noir.

Critique

Médiocre

Peter Pan est un film d'animation australien sorti en 1988, réalisé par David Cherkasskiy et Richard Trueblood et produit par Burbank Films Australia. Adapté de la pièce de théâtre de J. M. Barrie et scénarisé par Paul Leadon, l'œuvre se rapproche grandement du Peter Pan phare de chez Disney, même par une approche directe et fidèle du conte classique, sans ajout de séquences musicales majeures. Classé comme un film d'aventure et de fantasy pour enfants, Peter Pan raconte l'histoire de Wendy, John et Michael Darling, qui sont emmenés par le célèbre garçon qui ne veut pas grandir au Pays imaginaire. Là-bas, ils rencontrent les Garçons Perdus, la fée Clochette et affrontent le capitaine Crochet et son équipage. L'intrigue suit fidèlement l'arc narratif de la pièce originale, mettant en scène les batailles contre les pirates, la découverte de l'île et la confrontation finale avec le Capitaine.

 

 

Les points faibles


D’abord, concernant le rythme et la structure narrative, le film adopte une cadence frénétique qui ne laisse aucune place à la respiration. Tout est synthétique, sans pause, créant une urgence constante qui semble disproportionnée par rapport à l’intrigue. Cette accélération force les répliques à être excessivement franches, au point qu’elles paraissent parfois absurdes ou trop brutes pour des dialogues entre enfants. Cela prive les échanges de leur naturel et les rend trop explicatifs.

Sur le plan sonore, la bande-son et les effets sont largement critiquables. La musique se répète sans variation, provoquant une lassitude rapide. De plus, l’image est souvent surchargée : les effets sonores en boucle et la musique se superposent de manière désordonnée à une parole qui ne s’arrête jamais. À titre d’exemple, le son émis par Nana est particulièrement étrange ; ses aboiements ressemblent à ceux d’un « skinwalker », devenant presque monstrueux. Par ailleurs, certains bruitages ne sont pas synchronisés avec l’action, ce qui rompt l’immersion, déjà fragile.

Ensuite, le cas de l’animation. Visuellement, la qualité est faible, ce qui ne surprend guère. Les mouvements sont limités : seul ce qui est indispensable bouge, mais sans fluidité, donnant au film un aspect rigide et peu soigné par rapport aux standards de l’époque. Le procédé semble parfois viser à rallonger la durée, comme en témoignent les séquences de marche des indigènes, doublées tant dans le prologue que juste avant l’apparition de Lily la Tigresse. On observe ainsi une rivalité quasi inexistante face à ce géant du cinéma qu’ils semblent imiter en silence. Cette question des emprunts se retrouve également dans le scénario et les quelques séquences ajoutées, qui sont particulièrement risquées (sans parler de la représentation des indigènes, déjà problématique chez Disney). En effet, le scénario ne cache pas son imitation du film Disney à succès, avec la différence notable de l’absence de chansons.

Certaines scènes sont troublantes malgré l’absence de sang ou de contenu explicitement violent. Par exemple, lorsque Clochette demande à un enfant perdu de tirer sur « l’oiseau » (Wendy), la scène est particulièrement inquiétante. Le tempérament de Clochette n’est pas un secret, mais ici, Wendy se retrouve avec une flèche en plein cœur avant de suivre une scène de conviction générale où sa mort est proclamée, renforcée par la douleur qu’elle ressent à son réveil.

 

 

En conclusion


Peter Pan est un film d’animation difficile à apprécier, que ce soit par son approche brute du conte ou par sa forme technique. Bien que l'œuvre reste fidèle au texte original de J. M. Barrie et qu’elle dispose d’une absence d'embellissements hollywoodiens, elle ne fait pas l'unanimité sur le plan de la qualité esthétique et technique. Elle a néanmoins conservé une certaine place dans la mémoire des collectionneurs grâce à son doublage et à une certaine nostalgie, qui restent les seuls éléments permettant de maintenir l'intérêt du spectateur face à une réalisation défaillante. Le film sera par ailleurs inévitablement comparé, de manière critique, à la version emblématique de Disney sortie en 1953, servant de repoussoir ou de contrepoint pour les amateurs de l'histoire originale. Personne ne chercherait à voir ce film par lui-même, sauf par curiosité ou par une passion particulière pour le conte.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version française

Production

Distributeur