La Faim

Court métrage
Festival

La Faim

Court métrage
Festival

Infos techniques

Titre original

Hunger

Durée

12 minutes

Date de projection en festival

(estimation)

Pays d'origine

Canada : date de sortie non communiquée

Réalisation

Peter Foldes

Société de production

National Film Board of Canada (NFB)

Synopsis

Film de 1974

Un homme, de son travail au bureau, à un dîner galant, en passant par une charcuterie, un restaurant et un supermarché, ne cesse de manger. Il grossit à vue d'œil tout au long du film. À la fin, devenu obèse, et victime d'insomnie, il prend des somnifères et s'endort. Il tombe alors dans un « vide », avant d'atterrir au milieu de nulle part. Autour de lui, des yeux apparaissent, puis des dizaines d'enfants faméliques, enfants qui finissent par le dévorer.

Critique

Excellent

Pionnier de l'animation numérique, La Faim est l'un des premiers courts métrages réalisés entièrement sur ordinateur. Réalisé et animé par Peter Foldes, ce film d'une durée exacte de 11 minutes et 22 secondes est sorti au Canada en 1973. L'œuvre se distingue par une audace thématique et technique, utilisant un matériel très innovant pour l'époque, qui confère à l'ensemble un aspect avant-gardiste et charmant. Cette démarche numérique surprenante dépasse le simple exercice de style ou l'usage novateur d'un nouvel outil pour explorer un thème riche. Malgré les contraintes inhérentes à la technologie de l'époque et en dehors des conventions dominantes du cinéma d'animation, le film dégage une fluidité amusante. Cette force réside particulièrement dans les transformations et mutations du personnage face à la faim, ainsi que dans la modélisation d'expressions faciales à la fois écœurantes et terrifiantes. Visuellement, les couleurs vives et les transitions vers une « folie contrôlée » offrent un rendu hallucinant. Le propos atteint une justesse remarquable en dépeignant la gourmandise d'un individu au détriment de la famine des autres, aboutissant inévitablement à une thématique de cannibalisme. Cette imagerie frontale illustre la monstruosité des plus aisés face aux plus démunis, renvoyant au slogan politique « eat the rich ». Ce message résonne avec l'idée attribuée à Jean-Jacques Rousseau : « Quand le peuple n'aura plus rien à manger, il mangera le riche », le tout porté par une animation neuve qui dérange par son manque d'aboutissement.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version originale

Production

Dossier