Frankelda, c'est moi
Frankelda, c'est moi
Infos techniques du film d'animation "Frankelda, c'est moi"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Frankelda, c'est moi"
Frankelda, une écrivaine mexicaine déterminée du XIXe siècle, plonge dans son subconscient pour affronter les monstres qu’elle a elle-même imaginés. Guidée par un prince tourmenté, elle doit rétablir l'équilibre entre la fiction et la réalité avant qu’il ne soit trop tard.
Critique du film d'animation "Frankelda, c'est moi"
Un film mexicain réalisé par Arturo Ambriz et Roy Ambriz, sorti sur Netflix en France. Cette œuvre gothique suit Frankelda, une écrivaine mexicaine du XIXe siècle qui plonge dans son propre subconscient afin d’affronter les créatures issues de son imagination. Accompagnée d’un prince tourmenté, elle doit empêcher la frontière entre fiction et réalité de disparaître définitivement.

Les points forts
Le film se distingue immédiatement par une direction artistique foisonnante et singulière. L’animation en volume donne aux personnages une présence tangible, avec des silhouettes magnifiques, des textures riches et une quantité impressionnante de détails. Les décors, denses et habités, composent un monde en mouvement permanent où chaque recoin semble contenir une nouvelle créature ou une idée visuelle.
Le récit refuse également les chemins les plus conventionnels en opposant le réel au fantastique, la création littéraire à la vie intérieure de son autrice. Frankelda constitue un point d’ancrage inspiré : son statut d’écrivaine tourmentée nourrit une intrigue qui transforme les peurs, les frustrations et les fantasmes en matière narrative. Cette ambition confère au film une identité rare dans le paysage familial contemporain.

Les points faibles
L’exécution ne parvient malheureusement pas à soutenir cette ambition. Le mouvement apparaît régulièrement saccadé, comme si l’animation manquait d’images précisément dans les scènes qui exigeaient davantage de fluidité. Cette rigidité fragilise l’expressivité des personnages et limite l’impact de plusieurs séquences pourtant conçues pour impressionner. La mise en scène souffre aussi d’une surcharge permanente : trop d’éléments bougent, trop de détails, de couleurs opposés, sollicitent le regard et trop d’effets visuels parasitent la lisibilité des décors. L’effet de trompe-l’œil du vivant manque souvent de précision et donne au film une apparence confuse plutôt que véritablement envoûtante. La dimension musicale constitue un autre échec majeur. Les chansons restent insipides, sans mélodie mémorable ni véritable nécessité dramatique.
L’absence de doublage français sur Netflix représente enfin une décision particulièrement pénalisante pour une œuvre familiale, réduisant considérablement son accessibilité auprès du jeune public français.

En conclusion
Frankelda, c'est moi demeure une curiosité visuelle dont l’univers mérite d’être découvert, mais son potentiel se perd dans une réalisation trop rigide, trop encombrée et insuffisamment maîtrisée. Le film possède une personnalité évidente, une imagination réelle et une ambition artistique appréciable, sans jamais trouver l’équilibre nécessaire pour devenir une réussite. Cette proposition mexicaine sort du lot, mais elle laisse surtout l’impression d’un projet aussi fascinant par instants que frustrant dans son ensemble.
