Bouchra

Long métrage
Cinéma

Bouchra

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

Bouchra

Durée

83 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

États-Unis : sortie le
Italie : date de sortie non communiquée
Maroc : date de sortie non communiquée

Réalisation

Orian Yani Barki
Meriem Bennani

Société de production

2 Lizards Production
Fondazione Prada
Hi! Production
SB Films

Synopsis

Bouchra, 35 ans, une cinéaste marocaine installée à New York, est tétanisée par la peur de la page blanche. Un appel avec sa mère, qui vit à Casablanca, fait ressurgir des souvenirs et lui ouvre une nouvelle voie créative. Puisant dans leur relation, tendre et complexe, la jeune femme explore les liens qui l’unissent à ses proches et l’amour qui les traverse.

Critique

Excellent

Bouchra est le premier long métrage né de la collaboration entre Orian Barki et Meriem Bennani. On y suit Bouchra, qui tente en vain d’écrire le scénario de son prochain film. Face au syndrome de la page blanche, elle décide d’appeler sa mère et compte y trouver l’inspiration qui lui manque... Mais cet appel l’engage dans une quête bien plus introspective et cathartique qu’elle ne l’imagine.

 

 

Les points forts


Ce film se munit de multiples atouts pour faire voyager son spectateur dans l’univers de ses réalisatrices et dans la vie de sa protagoniste. L’animation 3D, travaillée par Jason Coombs, fait apparaître des textures donnant à l’ensemble une vraie matérialité cinématographique. L’utilisation constante de fonds en prises de vues réelles ne fait qu’appuyer ce propos. Cet aspect est renforcé par la photographie de John Michael Boling, notamment inspirée par Chungking Express, qui propose des scènes contemplatives. Bouchra puise son histoire dans la vie de sa propre réalisatrice, Meriem Bennani, et offre au public un récit sur le rapport entre une mère et sa fille, la tolérance, ainsi que la découverte de soi et des autres. Les animaux anthropomorphes sont pensés sur mesure et permettent de retranscrire toute la complexité des personnages et de leurs émotions. Les situations dans lesquelles Bouchra se retrouve deviennent de véritables leçons de vie et des messages d’espoir. Les relations, elles, agissent comme des miroirs dans lesquels chacun peut se reconnaître. Le fait que Meriem Bennani ait utilisé de véritables appels avec sa mère, et qu’elle ait projeté ses proches dans les personnages du film, crée une réelle osmose entre fiction et réalité, touchante par sa sincérité. L’usage du point de vue subjectif et des dialogues nous amène à ressentir les émotions de Bouchra et à nous mettre à sa place. De plus, l’animation instaure souvent une forte proximité avec le personnage, renforçant ainsi l’identification du spectateur durant le visionnage.

 

 

Les points faibles


Certains choix de montage restent cependant accessoires et nous éloignent parfois d’une immersion totale. Malgré un traitement de l’arrière-plan brillant, l’animation des personnages paraît légèrement saccadée. Cela peut éloigner certains spectateurs de l’identification évoquée plus haut et les laisser quelque peu sur leur faim, sans pour autant créer de rupture majeure dans l’appréciation globale du film et de sa narration. L’utilisation du split screen lors des échanges de messages, ou encore la superposition de texte à des moments clés du film, n’apporte pas suffisamment au récit et peut déstabiliser le spectateur en le coupant trop souvent de l’histoire.

 

 

En conclusion


C’est une réussite pour le premier long métrage d’Orian Barki et Meriem Bennani, et on en redemande ! Les réalisatrices et leur petite équipe ont su créer une œuvre à la fois sombre et optimiste en abordant, en peu de temps, des sujets difficiles à porter à l’écran. Bouchra montre à quel point le cinéma peut être généreux lorsque certains puisent dans leurs expériences personnelles pour offrir des représentations nécessaires au monde.

 

 

Avis rédigé par Lilian le d'après une version française

Distributeur