Quand les jeux vidéo s’animent : jeux de combats et survival horror
Aujourd’hui, je t’emmène (de nouveau) dans les films d’animation inspirés de jeux vidéo. Et, pour bien faire mon travail, j’ai dû troquer mon clavier pour prendre les manettes, histoire de ne pas te raconter de salades… Si l’adage dit « en mai, fais ce qu’il te plaît », dans mon cas, je me suis surtout penchée (comprendre joué) sur les jeux de combat et les survival horror.
Deux précédentes chroniques ont déjà traité des adaptations cinématographiques des jeux de plateforme, et une autre, des MMORPG et jeux de rôle. C’est comme ça chez Cineanimation : nous faisons en sorte de satisfaire tout le monde.
Alors si tu veux entrer dans l’arène avec moi, en compagnie de Ryu, Scorpion, Léon ou Master Chief, embarque à bord de l’Arcadia. Le Capitaine Albator n’a pas peur des combats, qu’ils soient sur Terre, dans l’espace ou face à des créatures dignes de Lovecraft. Alors tu ne risques rien, ou presque !
Jeux de combat
Un genre centré sur des affrontements directs entre personnages, le plus souvent en duel, où la maîtrise des coups, des enchaînements et du timing prime sur l’exploration ou la narration.
Street Fighter
Jeu de combat en 2D qui oppose des personnages aux styles de fight uniques dans des duels.
Ah, Street Fighter ! Un monde où des combats impressionnants et des rivalités éclatantes s’entremêlent. Aurais-tu imaginé que Ryu, Ken (des combattants brutaux) ou encore M. Bison, à la personnalité aussi explosive, feraient le saut dans l’animation ? Moi non, mais bon !
De Street Fighter II: Le Film (1994) à Street Fighter Alpha (1999), puis Street Fighter Alpha: Generations (2005), ces versions ont eu un parcours pour le moins… mouvementé. En dépit de la notoriété mondiale de la licence du jeu (le célèbre « Shoryuken » pour désigner l’uppercut de Ryu et Ken, ça te rappelle quelque chose ?) les adaptations n’ont jamais vraiment su appréhender l’essence de son univers. Oscillant entre dessins à l’ancienne et combats où chaque coup de poing est accompagné de cris d’allégresse… ou de désespoir (c’est selon), ces opus ont parfois fait grincer des dents. Et pourtant, la fidélité au jeu a fait le bonheur de certains, et ils ont tous participé à enrichir, d’une manière ou d’une autre, le monde emblématique de la franchise.
Perso, j’en retiens surtout des affrontements titanesques et des querelles de rivalité à deux francs six sous, mais néanmoins Street Fighter a bien mérité sa place au panthéon du cinéma d’animation ! Surtout quand tu sais que ces adaptations sont régulièrement citées… comme exemples à ne pas reproduire. D’ailleurs, durant les années 90 et 2000, elles ont contribué à alimenter le scepticisme général envers la difficulté de porter les jeux vidéo au cinéma. Comme quoi, malgré un flop, ces films ont réussi à faire parler d’eux !
Mortal Kombat
Jeu de combat connu pour son style sanglant et ses « Fatalities », des coups finaux spectaculaires.
Bienvenue dans l’arène avec Mortal Kombat. Si tu aimes les récits sombres et violents, ces deux longs-métrages te raviront. Car Mortal Kombat Legends: Scorpion’s Revenge (2020) et Mortal Kombat Legends: Battle of the Realms (2021) se concentrent sur l’essence même des jeux : des combats sanglants et agressifs ! Ni plus ni moins !
Répondant aux désirs des fans, ces adaptations leur servent une animation fluide, des séquences d’action haletantes et un développement narratif des protagonistes (Hanzo Hasashi / Scorpion, Liu Kang, Johnny Cage, pour ne citer qu’eux). De plus, elles ont permis de se pencher sur les motivations profondes des héros et des antihéros qui peuplent l’univers de Mortal Kombat. Ainsi, humaniser des combattants un peu trop stéréotypés a introduit une dimension inédite, plus que bienvenue, à leur personnalité.
Mortal Kombat Legends: Snow Blind (2022) propose, quant à lui, un virage post-apocalyptique, avec une ambiance à la Mad Max, sombre et désertique. À mon sens, un des épisodes les plus stylés de la saga animée. Il se détache des deux premiers films centrés sur les tournois pour proposer un récit plus intime, plus narratif, avec un Kenshi très bien écrit et un Sub-Zero touchant. Le duo fonctionne très bien. Le rythme est parfois un peu lent au milieu, mais la montée en puissance finale est réussie.
Quatrième film de la saga, Mortal Kombat Legends: Cage Match (2023) change radicalement de ton. Après les ambiances épiques, tragiques et post-apocalyptiques des volets précédents, on retrouve ici une aventure pop, rétro et parodique, centrée entièrement sur Johnny Cage, la star la plus over-the-top de la franchise.
En somme, les films Mortal Kombat Legends sont une ode sans artifice et sans faux-semblant à la brutalité. S’ils sont réalisés pour une audience amatrice de son décor barbare ensanglanté, pour autant, ils n’oublient pas la complexité des personnages.
Tekken
Jeu de combat en 3D mettant en avant des attaques techniques et des enchaînements de combos.
Prêt à entrer dans le ring ? La franchise Tekken s'est offerte deux opus animés. Un OAV en deux épisodes Tekken : The Motion Picture (1998), qui repose sur le jeu originel. Jamais proposé à la vente en France (mais diffusé à la télévision) l'OAV présente une intrigue unique impliquant des figures emblématiques de la franchise. On suit Kazuya Mishima, déchiré entre haine et vengeance contre son père, Heihachi. Bien qu’il ait été estimé pour ses séquences de fight et son animation typique des 90s, les critiques ont noté un scénario simplifié, peu engageant, et un manque de développement des personnages. Dommage, car sur le papier, le projet avait tout pour plaire.
Leçon apprise, car cette fois, Tekken : Blood Vengeance (2011) approfondit les manigances des héros bien connus — Ling Xiaoyu et Alisa Bosconovitch, chargées d’enquêter sur Shin Kamiya, et nous sert des affrontements stylisés, dignes des plus belles séquences d’action. Vois-le comme un banquet où les coups de poing sont le plat principal, et crois-moi, il y a de quoi se régaler !
Mais cela n’a pas suffi ! Bien que les passionnés aient reconnu l’effort de l’animation et des combats, le scénario reste un peu confus. Malgré un fan-service très poussé et visuellement attrayant, cette adaptation a obtenu des critiques inégales. Il lui manquait tout de même une intrigue solide, portée par autre chose que des répliques aussi acérées que les coups des personnages…
Ainsi, les adaptations de Tekken ont connu un succès plus que varié. L’héritage de la saga subsiste fort dans l’univers des jeux vidéo, mais ces longs-métrages luttent trop souvent pour saisir la même magie. Il faut croire qu’adapter des jeux de combat en récits cinématographiques convaincants relève du défi !
Survival horror
Le survival horror est un genre dans lequel le joueur évolue dans des environnements hostiles en devant gérer sa survie face à des menaces constantes, la peur, la tension et la rareté des ressources prenant le pas sur l’action pure.
Resident Evil
Jeu de survie et d’horreur, combinant exploration, énigmes et affrontements contre des zombies et monstres mutants.
Quand Resident Evil débarque au cinéma, c’est pour chuter tête la première dans l’épouvante et la survie en plein territoire zombie ! Avec une généreuse dose de créatures cauchemardesques, chaque film décuple l’intensité de ce monde ravagé, et creuse la mythologie autour des personnages favoris des fans.
Petite précision avant de plonger dans l’horreur : je mets volontairement de côté la célèbre série de films en prises de vues réelles, pour me concentrer uniquement sur les adaptations animées de la licence (le sujet qui nous intéresse ici).
Resident Evil: Degeneration (2008) est un premier opus ayant reçu un accueil favorable pour sa fidélité aux jeux. L’histoire se déroule après les événements racontés dans le jeu vidéo Resident Evil 4. Focalisé sur Leon S. Kennedy et Claire Redfield, il a conservé l’atmosphère tendue et les scènes d’action typiques de la saga.
Resident Evil: Damnation (2012) continue de suivre Leon et traite des aspects politiques présents dans Resident Evil. Il a été bien apprécié pour son action et son respect de l’intrigue du jeu dans un pays de l’Est en guerre, où des armes bio-organiques (BOW) sont utilisées comme outils militaires.
Bien que remarquable, Resident Evil: Vendetta (2017) a été critiqué pour son intrigue simpliste et son recours excessif aux scènes d’action façon John Wick, mais version horreur. Comme quoi, la présence de Leon, Chris Redfield et Rebecca Chambers qui s’unissent contre un nouveau virus n’a pas suffi pour marquer les esprits.
Resident Evil: Death Island (2023) se repose sur un pur fan-service et un crossover ultime : Leon, Chris, Claire, Jill Valentine et Rebecca réunis pour une mission sur Alcatraz. Rien de révolutionnaire, mais le film a clairement satisfait ceux qui attendaient un contenu plus directement ancré dans le lore de Resident Evil : des scènes de combat spectaculaires, des monstres mutants et des armes biologiques. Il en faut peu pour satisfaire les amateurs du genre.
Ainsi, ces films à la performance éclectique sont plus que de grossières courses contre la montre pour éviter l’infection : ils traitent de trahison, de survie et de lutte contre des forces maléfiques. En somme, des thèmes qui ont fait la renommée de la licence.
En demeurant fidèles aux figures de la franchise, et en reproduisant l’ambiance oppressante des jeux, ils sont une preuve vivante (ou morte-vivante ?) que l’atmosphère du jeu d’horreur s’exporte habilement sur grand écran. Si tu as envie de continuer à flipper sans risquer de lâcher ta manette, n’hésite pas, ces réalisations cinématographiques sauront te satisfaire ! Moi, les jeux suffisent à me faire sursauter à chaque coin de porte, alors les films… n’en parlons pas.
Dead Space
Jeu de survie spatial, où l’horreur cosmique et la solitude oppressante transforment chaque recoin en piège mortel.
Dead Space: Downfall (2008) est un prequel du jeu vidéo éponyme et raconte les événements qui ont précédé la découverte de la station Ishimura, où des créatures extraterrestres appelées Necromorphs ont été libérées. Il permet de comprendre pourquoi le vaisseau est désert, infesté de créatures, et quelles horreurs s’y sont produites.
Film d’animation brutal, glauque et désespéré, il est réalisé pour un public adulte averti, tant les scènes sont gores et l’atmosphère pesante. À réserver aux puristes du genre horrifique en huis clos, où la paranoïa et la folie sont omniprésentes. En somme, un vrai mix à la croisée d’Alien, Event Horizon et The Thing, mais avec un ADN énergique inspiré du jeu vidéo.
Aujourd’hui, cette adaptation est considérée comme une précieuse brique du lore de Dead Space. Elle est d’ailleurs devenue culte dans le cercle des amateurs de SF et d’horreur vidéoludique, et ce malgré une animation très moyenne et une narration manquant de subtilité.
Dead Space: Aftermath (2011) propose un pont scénaristique important dans l’univers de la saga et se focalise sur les survivants et leurs témoignages, qui vont révéler l’horreur absolue.
Les scènes d’interrogatoires sont réalisées en animation 3D, assez rigide et datée visuellement. Quant aux récits flashbacks, ils sont animés avec un style graphique unique selon le point de vue du survivant. Tantôt en comics US très dynamique, tantôt en dessin plus brut, tantôt sombre et halluciné, voire selon des visions presque psychédéliques et déformées. Rien de tel pour que le spectateur sombre doucement dans l’idée de folie subjective, où lui-même ne sait jamais ce qui est vrai ou altéré par la vision du témoin.
Plus psychologique que son prédécesseur, mais imparfait visuellement, ce second opus est indispensable pour comprendre l’univers étendu de Dead Space, surtout en amont de la suite du jeu. Dead Space: Aftermath est toujours une œuvre restée inédite en France.
Game Over
Et voilà, clap de fin !
Tu l’auras compris, certains de ces films d’animation sont aussi subtils qu’un coup de poing de Scorpion dans les dents, mais ils ont le mérite d’exister et de faire vibrer la corde nostalgique des gamers-cinéphiles que nous sommes. Entre clins d’œil appuyés aux fans, animations old school ou expérimentations audacieuses, ces adaptations prouvent qu’il y a toujours une vie après le Game Over. Sans parler du genre horrifique qui a encore de beaux jours devant lui.
Et puis, reconnais-le : voir nos héros pixelisés préférés prendre vie sur grand écran (parfois pour le meilleur, souvent pour le pire), ça a quand même un petit goût de victoire. Même si le scénario part en vrille ou que l’animation pique un peu les yeux, on revient toujours… Parce qu’au fond, qui refuserait un dernier round ? En tout cas, qu’on les apprécie ou pas, certaines de ces œuvres ultra sanglantes, aux scènes violentes, gores et angoissantes, prouvent une fois encore que les films d’animation ne sont pas réservés qu’aux enfants. D’ailleurs, si le sujet t’intéresse, nous y avons consacré un dossier entier tant le sujet mérite d’être traité en profondeur.
Mais si tu te sens à la hauteur et que tu n’as pas peur des cauchemars, c’est le moment de faire face à ces adaptations musclées et flippantes. N’hésite pas à te pelotonner dans ton canapé (faute d’arène et de vaisseau) ou à saisir ta manette ! Oui, je ne vais pas te jeter la pierre si, comme moi, tu préfères les versions originales des jeux vidéo, même si certains de ces films valent qu’on s’y attarde.
D’ailleurs, si tu repères une pépite bien planquée dans la masse ou un navet intergalactique à ajouter à la liste, nos réseaux sont ouverts. Ils sont là pour toi, alors n’hésite pas à t’exprimer. Notre équipe adore te répondre et prendra plaisir à échanger avec toi.
En attendant, je te donne rendez-vous en juin pour une toute nouvelle chronique Mediamorphose, qui sera thématique avec le mois… Je ne t’en dis pas plus, mais je suis sûre qu’elle saura te donner le smile et qu’elle te fera bouger ! D’ici là, finis ton pop-corn et… Finish him! (si t’as la réf’, bien sûr).
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